Exemples de récentes activités de recherche – Terminées ou en cours

Analyse du résultat du traitement des toxicomanies (en cours) 

Il reste beaucoup à apprendre au sujet de la durée optimale de traitement nécessaire pour produire la « récupération », les types de traitements et les caractéristiques des patients qui conduisent à de bons résultats thérapeutiques, ou les facteurs qui influencent la probabilité d'échec du traitement ou l'abandon. La présente étude en cours porte sur les facteurs prédisposant aux rechutes, à l’abandon et qui font en sorte que le traitement en matière de toxicomanie est suivi jusqu’à la fin. Les renseignements recueillis au début du traitement portent sur les données démographiques, la gravité de la toxicomanie, l’état psychologique, les diagnostics psychiatriques, la principale drogue ayant fait l’objet d’abus, les antécédents de toxicomanie et l'état cognitif, et le résultat du traitement est déterminé au moyen d’indice comportant plusieurs variables qui sont la durée du traitement, la quantité de la consommation de drogues au moment du suivi, telles que surveillées par les autodéclarations et l’examen d'urine au hasard, ainsi que la participation à la thérapie individuelle et de groupe. Certains résultats de cette étude ont été publiés dans les documents suivants :

 

Un examen de la synthèse de sérotonine chez les alcooliques chroniques au moyen de la tomographie par émission de positons (TEP) (terminé)

Certaines recherches suggèrent que les alcooliques souffrent d’une anomalie biochimique génétiquement transmise ou du développement qui crée une déficience de la sérotonine dans le cerveau. Cependant, il n’a pas été possible de déterminer si l’alcoolisme est distinct de la dépression en termes de l’effet d’un état et/ou de traits de dépendance sur le système de la sérotonine. Les sujets alcooliques (ainsi que l’âge et le sexe appariés) ont été dépistés et recrutés à l’Unité d’alcoologie et de toxicomanie, alors que les scintigraphies cérébrales ont été effectuées à l’Institut neurologique de Montréal. La synthèse régionale de la sérotonine dans le cerveau a été mesurée au moyen de tomographie par émission de positons (TEP) et d’un traceur α-[11C]methyl-L-tryptopha. La comparaison des alcooliques et des contrôles a fait constater qu’il y avait des différences importantes dans le taux de la synthèse de la sérotonine entre les groupes. La synthèse de la sérotonine était significativement plus faible chez les alcooliques des aires 9, 10 et 32 de Brodmann (AB). Cependant, la synthèse de sérotonine dans le groupe des alcooliques était significativement plus élevée que les contrôles AB19 du lobe occipital et près de la convolution temporelle transversale dans le gyrus temporel supérieur gauche (AB41). L’alcoolisme courant est associé aux anomalies sérotonergiques des régions du cerveau qui sont connues pour agir lors de la planification, du jugement, de la maîtrise de soi et des émotions. Des études de suivi sont planifiées. Certains résultats de cette étude ont été publiés dans les documents suivants :

 

 Essai de la médication – Les médicaments à effets antidépressifs améliorent ils les résultats du traitement de l’alcoolisme? (recrutement de patients terminé, analyses de données en cours)

Dans l’étude présentée ici, on a examiné les effets d’un médicament à effets antidépressifs, le citalopram, utilisé chez les sujets alcooliques déprimés ou non déprimés débutant un traitement de la toxicomanie. À la suite d’une vaste évaluation de base, comprenant une évaluation de l’état dépressif, et un prélèvement d’échantillon de sang visant à déterminer les paramètres de sérotonine (5HT) (polymorphisme du gène du transporteur de la sérotonine 5HT), les patients ont été choisis au hasard pour recevoir un placebo ou du citalopram (40 mg) en conjonction avec un traitement de désintoxication standard. Les résultats ont été examinés par rapport à ces deux variables cliniques (p. ex. antécédents familiaux) et variables biologiques (p. ex. prise de 5HT, génotypes) initiales.

Des résultats préliminaires de cette étude ont été publiés dans les revues suivantes :

  • Early recovery from alcohol dependence: Factors that promote or impede abstinence. [Traduction : Guérison rapide de l’alcoolisme : facteurs qui favorisent ou qui entravent l’abstinence]. Journal of Substance Abuse Treatment, Janvier 2010 (Volume 38, pages 42 à 50), en anglais seulement.
  • Personality disorders among alcoholic outpatients: Prevalence and course in treatment. [Traduction : Troubles de la personnalité chez les alcooliques soignés en établissements externes], Canadian Journal of Psychiatry, Février 2010, en anglais seulement.

 

 L’efficacité de la buprénorphine pour la désintoxication des patients dépendants des opioïdes : gestion de la symptomatologie du sevrage et fidélisation au traitement. (en cours)

La buprénorphine est un agoniste partiel de récepteur mu-opioïde comportant une combinaison de propriétés agonistes-antagonistes. La buprénorphine s'est déjà montrée efficace pour le soulagement de nombreux symptômes de sevrage de la dépendance aux opiacés, et certaines recherches ont suggéré qu’il est plus facile de sevrer de certains substituts aux opiacés les plus couramment utilisés comme la méthadone et le LAAM (l-alpha-acétylméthadol). La présente étude a été conçue pour examiner plus en détail l’efficacité de la buprénorphine pour ce qui est de la désintoxication des individus dépendants des opioïdes. Un certain nombre de questions subsistent quant à la dose optimale de départ de la buprénorphine et du taux de désintoxication qui assurera la conformité et la fidélisation au traitement. De plus, des procédures doivent être élaborées pour transférer les patients à des doses de blocage adéquates de naltrexone immédiatement après la désintoxication liée à l'usage d'opiacés.

Un protocole de désintoxication progressive sur une période de douze semaines, en commençant par des doses de 8 à 12 mg par jour, est utilisé afin de déterminer l’efficacité en matière de contrôle des symptômes de sevrage et afin d’améliorer la fidélisation à la conformité du traitement.

 

The Social and Psychological Impact of Gambling in the Cree Communities of Northern Québec (Subtitle – The In Search of Peace of Mind Project) en anglais seulement, [Traduction : L’incidence sociale et psychologique du jeu chez les communautés cries du Nord-du-Québec (sous-titre –La recherche de la tranquillité d’esprit du projet)] (Collecte de données terminée, analyse des données en cours)

Dans les petites collectivités isolées du territoire cri, le jeu, traditionnellement, réunit les gens lors d’une activité sociale qui redistribue les richesses au sein d’un système fermé.

Au cours des dix à vingt dernières années, les activités du monde du jeu ont augmenté, alors que la population augmentait en nombre, en complexité sociale et en richesse. Le projet « In Search of Peace of Mind » (La recherche de la tranquillité d’esprit) a été élaboré à la demande du Conseil cri de santé et des services sociaux de la Baie James (CBHSSJB) et il représente un partenariat entre les universités (K. Gill, J. Derevensky) et les représentants de la CBHSSJB (J. Torrie). Une étude détaillée portant sur le jeu, la toxicomanie et la santé mentale a été réalisée à l’aide d’instruments structurés et semi-structurés auprès de répondants choisis au hasard (n=510) de quatre collectivités cries. Les analyses de données ont démontré que 65,2 % de l’échantillon total a pris part à des activités de jeu au cours de l’an dernier. Environ 8,6 % des personnes qui ont participé à des activités de jeu au cours de la dernière année ont été classées dans la catégorie de joueurs présentant des risques élevés, selon l’Indice canadien du jeu excessif (ICJE). Les joueurs compulsifs ont démontré des niveaux significativement plus élevés de problèmes psychologiques, y compris la dépression et l’anxiété, par rapport aux joueurs à faibles risques. En outre, le problème de jeu compulsif était associé à des taux plus élevés de tabagisme et de toxicomanie. On a découvert qu’environ 42 % des joueurs compulsifs ont des problèmes de toxicomanie concomitants. Les taux élevés de comorbidité à vie entre le problème de jeu compulsif, la dépendance à la nicotine, la toxicomanie et d’autres problèmes psychologiques suggèrent que pour certains adules cris, le jeu fait partie d’un modèle de comportement à risque élevé qui comporte d’importantes conséquences négatives sur la santé à long terme. Ces résultats suggèrent que les interventions envers le jeu pathologique ne doivent pas se concentrer sur le jeu seul, mais plutôt sur la constellation des comportements dysfonctionnels qui présentent un risque pour la « tranquillité d’esprit ».

 

La vie des femmes autochtones (Sous-titre : santé mentale et problèmes de toxicomanie les femmes autochtones et non autochtones en milieu urbain) 

(Collecte de données terminée, analyse des données et préparation de manuscrit en cours) 

La présente étude a identifié une population de femmes autochtones et non autochtones de Montréal à la recherche d’abri et de services en santé mentale à Montréal. Dans le cadre de l'étude, un certain nombre de questions inter-reliées ont été explorées, y compris la dépendance à l'alcool et aux autres drogues, la violence physique et sexuelle, le fonctionnement familial et la santé mentale par rapport aux besoins de traitement, l'accès aux services, l'utilisation et la satisfaction envers les services et les résultats. Les obstacles rencontrés par les nouveaux immigrants pour avoir accès au traitement lorsqu’ils sont dans la grande ville sont inhérents au processus d’urbanisation (y compris les facteurs socio-économiques ainsi que l’adaptation culturelle), ainsi que les facteurs culturels spécifiques qui indiquent que les risques et la protection envers la toxicomanie et d’autres problèmes de santé mentale ont été examinés. Certains résultats de cette étude ont été publiés dans les documents suivants :

 

L’équipe des IRSC pour le traitement des toxicomanies – Traitement de la toxicomanie et des maladies mentale : outils pour les intervenants de première ligne (en cours)

L’objectif de ce programme de recherche est d’accélérer l’application des stratégies de traitement créées par la science en pratiques efficaces. La recherche abordera le processus de mise en oeuvre d’un programme de traitement fondé sur des données probantes, y compris des interventions brèves (IB) dans trois cliniques de soins primaires de Montréal, administrées par le Centre de Santé et de Services Sociaux (CSSS) de la Montagne, et de mesurer directement l’efficacité du programme, tel que déterminé par les modifications à la prestation des services de soins de santé, la durabilité et les résultats pour les patients. Au cours du processus de mise en œuvre du programme, l’Équipe utilisera une stratégie d’application des connaissances intégrée (ACI) afin de créer des mécanismes de collaboration pour l'échange de connaissances entre les chercheurs, les spécialistes en toxicomanie et les intervenants de première ligne (guidés par les principes de recherche d’action participative) et examiner directement le processus de mise en pratique des connaissances et les obstacles au transfert de méthodes à la fois quantitative et qualitative. L’évaluation comprendra des mesures sur des périodes et domaines multiples, et selon la perspective d’intervenants multiples. Les résultats des patients traités par des IB seront déterminés par un indice multivarié, ce qui comprend l’adhérence au traitement, des modifications à la quantité et à la fréquence de consommation de drogues et d’alcool, la réduction de la gravité de la toxicomanie, la durée de l’abstinence continue, les réductions de la détresse psychologique (dépression, anxiété), du nombre de visites au service d’urgence, du nombre d’hospitalisations, ainsi que les améliorations du fonctionnement psychosocial et de la qualité de vie.