RECHERCHE DU CUSM/McGILL :

Deux équipes de recherche du Centre universitaire de santé McGill (CUSM) font des progrès majeurs pour traiter le diabète de type 1. On estime que le diabète touche 285 millions de personnes dans le monde, incluant plus de 3 millions de Canadiens et Canadiennes, dont 10 pour cent souffrant de diabète de type 1. En réponse à ce risque sans cesse croissant pour la santé, des chercheurs du Centre universitaire de santé McGill (CUSM) et de l’Université McGill travaillent d’arrachepied pour faire de la qualité de vie et de la vie avec le diabète de type 1 deux concepts qui vont de pair.

Le diabète de type 1 se développe lorsque les îlots de Langerhans, situés dans le pancréas, sont dysfonctionnels ou détruits, et qu’ils ne produisent plus ou pas assez d’insuline, l’insuline étant l’hormone qui régule le taux de glucose dans le sang. Le diabète de type 1 apparaît généralement pendant l’enfance ou l’adolescence, mais il peut aussi se développer chez une personne plus âgée à la suite de la destruction du pancréas, par l’alcool ou la maladie, ou de son retrait lors d’une intervention chirurgicale. Il peut aussi être dû à une défaillance progressive des cellules bêta du pancréas, qui produisent l’insuline.

Actuellement, il n’existe aucun traitement pour le diabète, et il ne peut être contrôlé que par des injections régulières d’insuline.

UNE ÉTUDE QUI POURRAIT MENER À UNE THÉRAPIE GÉNIQUE

L’équipe dirigée par le Dr Constantin Polychronakos du laboratoire de génétique endocrine de l’Institut de recherche de l’Hôpital de Montréal pour enfants du CUSM (IR du CUSM) a mis à profit des technologies de pointe pour réussir à identifier un gène (RFX6) muté dans un rare syndrome qui affecte les très jeunes bébés atteints de diabète de type 1. Les enfants frappés de ce syndrome naissent sans îlots de Langerhans.

Michael German, collaborateur de recherche de l’Université de Californie à San Francisco, est arrivé au même résultat avec des souris dont les gènes RFX6 avaient intentionnellement été bloqués.

« La porte est maintenant ouverte à la mise au point d’un traitement du diabète de type 1 par le biais de la thérapie ou thérapeutique génique, » explique le Dr Polychronakos.

ÉTUDE SUR UN NOUVEAU TRAITEMENT EN COURS

Une étude novatrice sur un nouveau traitement appelé Exsulin a débuté au Centre Universitaire de santé McGill (CUSM) sous la houlette du Dr Georges Tsoukas, qui supervise la clinique du diabète de l’Hôpital général de Montréal au CUSM. Le Dr Lawrence Rosenberg, du CUSM et de la faculté de médecine de l’Université McGill, en est le chercheur principal. Lui et ses collègues travaillent avec l’Exsulin depuis plus de 25 ans, cherchant à stimuler la multiplication de cellules productrices d’insuline chez les patients atteints de diabète de type 1. Cette étude est menée en partenariat avec la Clinique Mayo à Rochester, Minnesota.

« Les expériences menées sur des modèles animaux ont démontré que les injections d’Exsulin permettent de redémarrer la production d’insuline, explique le Dr Rosenberg. Des souris injectées avec ce nouveau traitement ont été guéries de leur diabète. » Les résultats d’essais cliniques déjà menés sur des humains ont montré que l’Exsulin induit une certaine reprise de la sécrétion naturelle d’insuline. Bien qu’à ce stade de développement il ne puisse pas contrôler totalement la quantité de glucose circulant, l’Exsulin permet d’améliorer l’homéostasie du glucose, ce qui évite les trop grandes fluctuations pouvant mener aux principales complications du diabète : neuropathie, insuffisance rénale, cécité et maladie cardiaque.

« L’Exsulin pourrait donc permettre de reconstituer toute la structure des îlots de

Langerhans et, par conséquent, de restaurer un contrôle métabolique quasi normal, ce qu’aucun traitement contre le diabète ne permet de faire, » conclut le Dr Rosenberg.