êtes-vous prêts?

La nouvelle année vient à peine de commencer que s’amorce la période d’entrevues nationales de CaRMS. Il me reste quelques semaines pour

La nouvelle année vient à peine de commencer que s’amorce la période d’entrevues nationales de CaRMS. Il me reste quelques semaines pour me préparer mais le sort en est jeté : je visiterai onze universités d’un bout à l’autre du pays afin de déterminer si oui ou non nous sommes compatibles. Pour ceux et celles d’entre vous qui ont suivi de près ce blogue, vous remarquerez que j’ai fait une demande auprès de plus d’universités que le nombre de visites prévues. J’ai donc eu le plaisir de lire quelques-unes des lettres de remerciement reçues… mais non merci! Ma demande a été refusée par deux écoles. Lorsque j’ai amorcé le présent processus, je me suis interrogé à savoir comment je me sentirais si et quand ces lettres m’arriveraient et c’est une question qui m’a été posée maintes et maintes fois par mes amis et mes proches. La vérité est que je m’étais préparé à cette éventualité.

En tant qu’étudiants en médecine, nous apprenons bon nombre de leçons sur le chemin de notre croissance comme personnes et comme professionnels. L’une des leçons prépondérantes que j’ai tirée de cette expérience est comment composer avec l’échec. Ne nous leurrons pas : ceux et celles d’entre nous qui ont eu la chance d’accéder à une école de médecine n’ont pas échoué très souvent dans leurs existences. Nous sommes habitués à nous retrouver en tête de lice et à réussir presque tout ce que nous entreprenons. Bien entendu, lorsque vous réunissez toute une classe de ces personnalités de type A, tout d’un coup la plupart commencent à tendre vers la moyenne.

Robert Sternszus, Montreal

Puis viennent les années cliniques. À l’hôpital, nous nous retrouvons pris au dépourvu fois après fois. Plus souvent qu’autrement, surtout au début, la réponse à presque toutes les questions soulevées est « euh…. je….. emmmm…. euh….. tout cela était tellement plus simple sous forme de choix multiples… emmmm… débit urinaire? » (habituellement une bonne supposition). Avec le temps, j’ai commencé à en savoir de plus en plus, mais entre-temps je suis devenu très confortable avec le fait d’être inconfortable. Et je crois que la plupart de mes collègues se sentaient de la même façon. Somme toute, c’est un grand pas à franchir entre l’apprentissage à partir des manuels et les diagnostics, et il n’est pas rare pour les étudiants de chanceler au moment d’aller à la rencontre d’un patient en chair et en os.

Ainsi, lorsque j’ai reçu quelques lettres de refus, je n’y ai pas vu quelqu’un qui évaluait ma vie et mon travail et décidait que je n’en valais pas la peine, mais plutôt comme une incompatibilité entre deux êtres. Et il est préférable qu’un d’entre nous deux s’en rende compte avant qu’un mauvais appariement ne s’effectue. J’ai toujours onze écoles en vue et j’ai bien hâte de faire leur connaissance. Ce devrait être un parcours exigeant et, pour quiconque d’entre vous qui vous apprêtez à amorcer un périple semblable peu importe votre spécialité, je vous souhaite la meilleure des chances et j’aimerais bien entendre parler de votre expérience dans la section commentaires du blogue.