« Simplifier l’obésité à des comportements négligents ou insouciants est tout à fait injuste pour les 300 000 Québécois qui en souffrent, défend d’emblée le Dr Nicolas Christou, chirurgien émérite en ce domaine au Centre universitaire de santé McGill (CUSM). Les causes sont beaucoup plus complexes; elles peuvent être de source génétique, psychologique ou sociodémographique… Quelles qu’elles soient, elles mènent à de graves dysfonctionnements de l’organisme, qui menacent la vie des personnes morbidement obèses. La chirurgie bariatrique n’est pas un luxe. C’est un must ! »
Une situation qui pèse lourd sur notre système de santé

Bien que les hôpitaux du Québec effectuent environ 840 chirurgies bariatriques annuellement, les personnes qui souffrent d’une obésité morbide doivent patienter plusieurs années avant de passer sous le bistouri. D’autre part, un rapport de l’AETMIS, l’Agence d’évaluation des technologies et des modes d’intervention en santé, a estimé qu’en un an (1999-2000), « l’obésité aurait entraîné des dépenses de 700 millions de dollars et des pertes de productivité supérieures à 800 millions de dollars ». Un milliard et demi de dollars ingurgités en une seule année, et ces statistiques continuent de grimper. Notre système en a-t-il vraiment les moyens ?
« Je trouve ironique que nous mettions autant d’argent à régler les conséquences de l’obésité morbide plutôt que de traiter la maladie même, de poursuivre le Dr Christou. Par exemple, le Québec a pris des mesures considérables pour garantir le remplacement de la hanche, alors que près de la moitié des candidats à cette intervention présentent un poids excessif. En six mois ou un an, la prothèse est déjà brisée ou détruite, et tout est à recommencer. »
Un centre d’excellence de plus. Un poids de moins.
Rien d’étonnant donc que le ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS) du Québec ait décidé en mai dernier de faire progresser la chirurgie bariatrique. Ce faisant, il a désigné deux centres d’excellence, dont le Campus Lachine du Centre universitaire de santé McGill.
« Nous sommes très fiers de cette désignation, affirme Jocelyne Faille, directrice administrative du Campus Lachine. Elle renforce la vocation communautaire qui sous-tend notre mission depuis toujours. Lorsque nos travaux de modernisation seront complétés, le docteur Christou et ses collègues auront la possibilité de prendre en charge de trois à six cas par semaine, soit près de trois fois plus que ce qu’ils pratiquent actuellement à l’Hôpital Royal Victoria. »
Pour ce faire, le Campus Lachine a droit à des améliorations de taille. Aux fins du projet de redéploiement du CUSM, sa superficie totale sera agrandie de 30 %. Il disposera de chambres individuelles expressément conçues pour accueillir les personnes qui présentent une obésité morbide. Une toute nouvelle salle d’opération ultramoderne, hautement informatisée, sera spécialement aménagée pour la chirurgie par laparoscopie, une procédure qui permet de réduire avantageusement la durée de l’hospitalisation. Des cliniques ambulatoires seront créées afin de bien prendre en charge ces patients, avant et après la chirurgie. Bien sûr, une équipe multidisciplinaire composée de chirurgiens, d’infirmières cliniciennes, de nutritionnistes, de physiothérapeutes, de kinésiologues, de psychologues entourera le patient de soins attentifs afin d’assurer que celui-ci soutire bien tous les bénéfices que la chirurgie pourra lui apporter.
« Nous faisons figure de leader mondial de la chirurgie bariatrique, rappelle l’hon. Arthur T. Porter, directeur général et chef de la direction du Centre universitaire de santé McGill. Le Dr Christou et son équipe ont révolutionné cette spécialité, et des milliers de personnes leur ont confié tout leur espoir d’une meilleure vie. Il est de notre devoir de les soutenir et d’accroître leur probabilité d’une santé améliorée, pour les années qui se dressent devant elles. »
Les travaux étant déjà en cours, il est prévu que les premières chirurgies bariatriques aient lieu à Lachine dans les prochains mois. Attendre moins longtemps pour enfin vivre en santé, c’est une promesse qui vaut son pesant d’or. Demandez-le aux personnes qui, aujourd’hui encore, souffrent les mille et une douleurs que leur impose leur poids excessif…
« Nous sommes très fiers de cette désignation. Elle renforce la vocation communautaire qui sous-tend notre mission depuis toujours. Lorsque nos travaux de modernisation seront complétés, le docteur Christou et ses collègues auront la possibilité de prendre en charge de trois à six cas par semaine, soit près de trois fois plus que ce qu’ils pratiquent actuellement à l’Hôpital Royal Victoria. »
—Jocelyne Faille, directrice administrative du Campus Lachine







