Une initiative du Centre universitaire de santé McGill a mené à une solution si efficace que d’autres l’ont adoptée
Constamment assujetti à de nouvelles technologies, notre système de santé universel coûte de plus en plus cher. En revanche, nos hôpitaux doivent opérer avec des budgets fixes. Comment alors déterminer quelle technologie mérite d’être acquise, sans mettre en péril leur saine gestion ?
La tâche incombe à l’Unité d’évaluation des technologies en santé (UÉTS). Depuis que le Centre universitaire de santé McGill (CUSM) s’en est doté en 2002, cette unité a si bien rempli ses fonctions qu’aujourd’hui, la plupart des hôpitaux universitaires du Québec en ont fait leur modèle.
Une initiative mise en place par le Dr Maurice McGregor, véritable pionnier de l’évaluation des technologies en santé au pays, l’UÉTS du CUSM est chargée de conseiller les gestionnaires du CUSM quant au choix des « technologies » qui s’offrent sur le marché. Ce mot englobe tout ce que l’industrie met à la disposition des professionnels de la santé : appareils de diagnostic et de traitement, produits d’analyse, médicaments, systèmes chirurgicaux, procédés et plus encore.
Un impressionnant travail de réflexion
L’UÉTS du CUSM réunit des experts en médecine clinique, en épidémiologie, en biostatistique et en économie de la santé. Lorsque le CUSM s’interroge sur le bien-fondé d’une technologie, ceux-ci collectent toute la documentation pertinente (essais, comptes rendus, articles scientifiques), l’analysent en vertu de l’utilisation que compte en faire le CUSM, puis font un rapport de synthèse, objectif et transparent, qu’ils remettent au comité chargé de faire la recommandation.
Ce dernier rassemble des repré-sentants du personnel paramédical et infirmier, du corps médical, des gestionnaires et même des patients. À la lumière de la documentation passée en revue, ils étudient les possibilités qui s’ouvrent au CUSM en tenant compte de tous les aspects en jeu – du rapport efficacité–prix à la valeur ajoutée, des conséquences budgétaires aux considérations éthiques et légales.
« En évaluant scrupuleusement la documentation disponible et en soupesant minutieusement les bénéfices et désavantages des technologies soumises à notre attention, nous sommes à même de fournir des rapports rigoureux grâce auxquels les gestionnaires du CUSM peuvent fonder leur décision en toute connaissance de cause. », souligne le Dr Maurice McGregor, président fondateur de l’UÉTS.
Une tâche franchement indispensable
Depuis sa création, l’UÉTS du CUSM affiche un bilan fort positif, avec 95 % de ses recommandations adoptées par la Direction.
Ainsi, à la fin de 2007, soit cinq années après sa création, l’UÉTS a permis des économies de quelque 13 millions de dollars en recom-mandant le rejet ou l’utilisation limitée d’une technologie. En comparaison, les technologies qu’elle a conseillé d’acquérir n’ont compté que pour un million de dollars dans la hausse des coûts enregistrée pour cette même période. Le bénéfice saute aux yeux !
« Notre premier intérêt est que l’hôpital pose des choix intel- ligents face aux besoins en santé des patients, précise la directrice de l’UÉTS, Dre Nandini Dendukuri. Nos analyses vont bien au-delà d’une simple comparaison des coûts. Nous procédons à une évaluation méticuleuse des bénéfices, tant pour les patients, les professionnels et le personnel du CUSM que pour l’entière collectivité au service de laquelle œuvre notre centre. »
« Dans le cadre de notre projet de redéploiement, les recommandations de l’UÉTS s’avèrent cruciales, de renchérir l’hon. Arthur T. Porter, directeur général et chef de la direction du CUSM. En tant que centre hospitalier universitaire de classe mondiale, nous nous devons d’offrir ce qu’il y a de mieux à nos patients. À ce titre, le travail consciencieux de l’UÉTS montre à nos partenaires et donateurs que notre vision de soins de santé d’avant-garde peut se réaliser en exerçant un contrôle sensé des coûts. »
Au regard de cette philosophie, l’UÉTS se révèle un joueur clé du futur CUSM.
« En tant que centre hospitalier universitaire de classe mondiale, nous nous devons d’offrir ce qu’il y a de mieux à nos patients. À ce titre, le travail consciencieux de l’UÉTS montre à nos partenaires et donateurs que notre vision de soins de santé d’avant-garde peut se réaliser en exerçant un contrôle sensé des coûts. »
— L’hon. Arthur T. Porter, directeur général et chef de la direction du CUSM
En recommandant la cathétérisation pour le remplacement valvulaire aortique, l’UÉTS ouvre la voie d’une meilleure qualité de vie aux personnes qui n’auraient pu subir une chirurgie à cœur ouvert, longue et épuisante.





