Cartographie cérébrale en trois dimensions, une première au Québec

Les neurochirurgiens pratiquent certaines des interventions les plus délicates de la médecine.

Les neurochirurgiens pratiquent certaines des interventions les plus délicates de la médecine. Parfois, une différence de deux millimètres peut signifier la vie ou la mort d'un patient. L'exactitude des mouvements constitue donc un atout critique pour le neurochirurgien. Une « carte » précise du territoire où il s'aventure est de ce fait une nécessité absolue. C'est ici qu'entre en scène le neuroradiologue.

Le neuroradiologue est une sorte de cartographe. Il utilise diverses techniques telles que la radiographie et l'échographie pour créer des images exactes du cerveau et du système nerveux. L'une des plus récentes technologies de cette nature utilisée à l'Institut et Hôpital neurologique de Montréal est un système d'angiographie biplan, intégré au nouveau bloc d'angiographie de l'INM/HNM, qui est unique au Québec.

Le système d'angiographie biplan peut superposer des images obtenues par imagerie par résonance magnétique (IRM) pour produire une carte tridimensionnelle du cerveau et des vaisseaux sanguins environnants. Selon la Dre Donatella Tampieri, directrice de la neuroradiologie diagnostique et interventionnelle à l'INM/HNM, cette technologie donne une vue plus exacte de la taille et de la forme des vaisseaux sanguins du cerveau, ce qui permet aux neuroradiologues de fournir une cartographie plus précise.

Comme les renseignements fournis par l'angiographie biplan peuvent être rapidement communiqués à l'équipe chirurgicale, la nouvelle technologie s'accompagne de meilleures décisions thérapeutiques et d'une importante réduction du délai entre le diagnostic et le traitement, ce qui favorise une intervention rapide dans les cas tels que l'accident vasculaire cérébral (AVC).

« Les programmes du CUSM relatifs aux AVC font appel à des médicaments anticoagulants qui, s'ils sont administrés dans les trois heures qui suivent l'AVC, peuvent rétablir le flux sanguin dans les parties affectées du cerveau », dit le Dr Robert Côté, neurologue du CUSM. « La capacité d'assurer un traitement rapide est cruciale. »

« À titre de centre neurologique chef de file, le Neuro continue de fournir les traitements les plus modernes grâce à un effort d'équipe intégré qui exige une étroite collaboration entre les médecins, le personnel infirmier, les technologues en radiologie et les cadres », dit la DreTampieri. « Au total, le plateau d'angiographie équivaut à de meilleurs soins pour nos patients. »

Le traitement au laser de l'hypertrophie bénigne de la prostate, une option efficace

L'énucléation de la prostate au laser Holmium (HoLEP) pour les patients qui présentent une hypertrophie bénigne de la prostate (HBP) symptomatique devrait être offerte dans les grands centres du Canada, selon le Dr Mostafa Elhilali, directeur de la chirurgie au CUSM.

« Dans chaque grand centre au minimum, il devrait y avoir une personne ayant une compétence dans cette technique », dit le Dr Elhilali. On doit au Dr Elhilali l'introduction de ce traitement au CUSM, seul établissement dans tout le Canada à recourir à cette technologie pour la prostate, sans égard au volume de la glande, et chez les patients qui présentent des risques hémorragiques. Il commentait le succès de la technique HoLEP au terme de la présentation d'un article relatant son expérience au récent congrès de l'American Urological Association à Atlanta.

Le Dr Elhilali et ses collaborateurs ont rapporté avoir traité, entre mars 1998 et septembre 2005, 603 patients présentant une HBP symptomatique. Leurs résultats ont établi que la technique HoLEP, qui recourt au laser Holmium pour enlever les tissus prostatiques obstructifs et sceller les vaisseaux sanguins, représente un traitement sûr et efficace pour les patients qui présentent une prostate hypertrophiée symptomatique. Cette technique offre aux patients qui avaient classiquement besoin d'une chirurgie à ciel ouvert pour l'ablation de la prostate l'option d'un traitement sans chirurgie « ouverte ». En outre, elle diminue les pertes de sang, améliore la fonction urinaire, abrège l'hospitalisation et réduit au minimum l'incidence sur la fonction sexuelle.

Le Dr Elhilali a déclaré qu'HoLEP gagnerait en importance au fur et à mesure du vieillissement de la population.

Article modifié et traduit d'un article original de Joe McAllister dans le Medical Post, édition du 20 juin 2006


Amélioration des soins cardiaques à l'Hôpital de Montréal pour enfants

Dr. Josée Lavoie
La Dre Josée Lavoie, directrice de l'anesthésie cardiaque à l'Hôpital de Montréal pour enfants, tenant le nouvel appareil utilisé pour mesurer le volume d'oxygène qui se rend au cerveau au cours de la chirurgie cardiaque. (Photo : Daniel Hélon)

Tracy, Alexandre, Émile et Benjamin ne sont que quelques-uns des milliers d'enfants qui ont bénéficié des soins cardiaques pédiatriques experts qu'assure l'Hôpital de Montréal pour enfants (HME) du CUSM. Certains d'entre eux sont nés avec des cardiopathies, d'autres les ont développées plus tard, mais dans tous les cas il a fallu une chirurgie complexe pour soigner ces coeurs malades. Pour améliorer les soins et les traitements donnés à ces jeunes patients, l'HME vient d'ouvrir un bloc de cathétérisme cardiaque et d'angiographie, aménagement de pointe équipé de la technologie la plus moderne.

L'un des ajouts les plus novateurs intégré au bloc est l'oxymètre cérébral INVOS, utilisé au cours de la chirurgie cardiaque pour suivre le volume d'oxygène qui se rend au cerveau. Des capteurs à peine plus gros qu'un diachylon sont placés sur le front du patient, et une lumière non effractive de faible intensité, proche de l'infrarouge, est utilisée pour détecter les niveaux d'oxygène. Si les niveaux baissent, ce qui entraîne un risque de lésion cérébrale ou neurologique, les chirurgiens peuvent rapidement prendre des mesures correctives pour hausser l'oxygénation.

Selon la directrice de l'anesthésie cardiaque à l'HME, la Dre Josée Lavoie, cet appareil donne des renseignements directs et précis sur l'état du patient. Cette information est cruciale dans certaines de ces interventions chirurgicales délicates.

Deux autres appareils ont été installés dans le bloc, soit un appareil d'électroencéphalogramme numérisé, qui aide à déterminer la profondeur d'anesthésie nécessaire pour l'intervention, ainsi qu'un Doppler transcrânien qui mesure aussi le débit sanguin.

« Ce bloc est fantastique », dit la Dre Lavoie. « L'utilisation de ces nouveaux instruments améliorera les taux de survie au cours de la chirurgie et, à terme, procurera une meilleure qualité de vie à nos patients. »