
Selon le Dr Kenneth Shaw, directeur médical de la traumatologie pédiatrique à l'Hôpital de Montréal pour enfants (HME) du CUSM, directeur de l'urgence chirurgicale et chirurgien général à l'HME. (Photo : Owen Egan)
Quand il joue sur la patinoire pour les TMR Royals, une équipe de hockey de la « ligue des dirigeants », Kenneth Shaw porte des jambières de gardien de but. Il porte aussi un téléavertisseur. Hors de la patinoire, Ken Shaw est le directeur médical de la traumatologie pédiatrique à l'Hôpital de Montréal pour enfants (HME) du CUSM. Dans ce rôle, il est toujours sur appel, donc branché en permanence à son téléavertisseur.
Le Département de l'urgence de l'HME reçoit environ 13 000 cas de traumatologie par an. Les cas les plus fréquents sont les blessures aux chevilles, aux doigts et aux poignets, les lacérations et les traumatismes crâniens.
« La traumatologie pédiatrique est un domaine professionnel intéressant parce qu'elle expose vraiment le personnel médical permanent et les résidents à un vaste échantillon des soins pédiatriques », dit le Dr Shaw. « Les jeunes patients nous présentent également des défis à relever qui ne se retrouvent pas chez les adultes. »
À titre d'exemple, le Dr Shaw rappelle un cas de chirurgie où l'équipe chirurgicale a dû insérer un dispositif de visualisation, procédure effractive qui n'aurait vraisemblablement pas été nécessaire chez l'adulte, chez un petit garçon qui présentait une péritonite bactérienne spontanée (infection de la paroi abdominale). « Compte tenu de l'anatomie d'un enfant, explique le Dr Shaw, il peut être difficile pour les radiologistes d'être certains, mettons, que l'appendice fonctionne. Il nous faut donc parfois employer d'autres moyens diagnostiques. »
À l'HME, le système de soins en traumatologie embrasse les services chirurgicaux, médicaux, infirmiers, de réadaptation et psychosociaux. « Nous disposons de personnel spécialisé dans chacun des domaines d'expertise spécialisée », dit Debbie Friedman, directrice administrative de la traumatologie pédiatrique, « et tous travaillent de concert pour répondre aux besoins multiples qu'entraînent les traumatismes selon leur gravité et leur type ».
Sur un tableau mural affiché dans son bureau, Debbie Friedman tient des statistiques hebdomadaires sur la fluctuation des cas de traumatologie à l'urgence pour être en mesure de déceler des tendances (par exemple, la hausse des blessures pendant la période des compétitions de hockey ou celle des blessures dues à la pratique du patin à roues alignées pendant l'été). Elle publie également des mises en garde à l'intention du public et des recommandations saisonnières en matière de prévention des blessures.
Des appendicites aux lésions oesophagiennes, le Dr Shaw, qui est aussi directeur de l'urgence chirurgicale et chirurgien général à l'HME, voit tout défiler sous ses yeux. Au cours d'une semaine typique, il peut pratiquer une intervention chirurgicale de 15 heures sur un adolescent affligé de tumeurs qui résistent à la chimiothérapie, puis traiter un petit garçon qui présente un cas rare d'abcès du rectum congénital.
Le Dr Shaw est fier de la collection de dessins et de photos reçus de ses anciens patients. « Il n'y a rien qui fait plus chaud au coeur que de pouvoir corriger une anomalie mortelle chez un bébé, puis de voir l'enfant grandir, aller à l'école et mener une vie en santé », dit ce père de deux enfants.
Riant sous cape, il admet que son travail lui procure aussi un plaisir d'un autre ordre. « Quand arrive le match annuel qui oppose les médecins et les résidents de McGill », dit-il en souriant, « je suis toujours au poste » !



