
Le Dr Armen Aprikian, chef de l'urologie au CUSM, compte parmi les cinq chirurgiens du CUSM spécialisés dans les cancers urologiques complexes. (Photo : Pierre Dubois)
Selon le Dr Armen Aprikian, chef de l'urologie au CUSM, le cancer de la prostate et les cancers de la peau (hors mélanomes) sont les principaux cancers qui affectent les hommes, à peu près dans les mêmes proportions que le cancer du sein chez les femmes.
Doté d'une équipe de plusieurs chirurgiens spécialisés dans les cancers urologiques complexes et de trois salles d'opération à la pointe de la technologie, le CUSM est à l'avant-garde de la lutte contre le cancer de la prostate. Actuellement, de 80 à 90 pour cent des prostatectomies radicales sont pratiquées par voie laparoscopique, technique chirurgicale peu effractive introduite au Québec par le CUSM il y a environ dix ans. Le CUSM a été le premier établissement de santé québécois à créer un programme consacré à cette approche peu effractive des prostatectomies. Lancé par les Drs Maurice Anidjar et Simon Tanguay, le programme a pris de l'expansion et compte maintenant les Drs Assaad El-Hakim et Armen Aprikian.
La prostatectomie radicale peu effractive fait appel au laparoscope, lequel transmet des images à l'équipe chirurgicale, et elle ne nécessite qu'une petite incision sur le patient. Le chirurgien, à l'aide d'autres petites incisions, pratique l'opération sans avoir à faire une plus large incision dans l'abdomen. Même si l'abdomen n'est pas ouvert, le champ opératoire est visible avec plus de détails et une meilleure définition. Selon le Dr Aprikian, les patients qui subissent cette chirurgie perdent beaucoup moins de sang, se rétablissent plus vite, reprennent le travail plus tôt et éprouvent moins de malaise ou de douleur qu'avec la chirurgie classique.
Tous les hommes atteints du cancer de la prostate n'ont pas nécessairement besoin de chirurgie. « De nombreux cancers de la prostate ne justifient aucun traitement », dit le Dr Aprikian. Selon la gravité du cancer et le profil individuel, certains patients peuvent se contenter d'une attente vigilante. « Tous les autres patients doivent recevoir un traitement. »
Chez les patients qui doivent être traités, la glande prostatique et le cancer peuvent aussi être traités par radiothérapie. La chirurgie et la radiothérapie donnent des résultats thérapeutiques aussi excellents l'une que l'autre lorsque le cancer est détecté précocement. « Le choix de l'approche thérapeutique devient une question très personnelle », dit le Dr Aprikian. « Certains patients n'aiment pas la chirurgie. »
Les patients qui optent pour la chirurgie peuvent choisir entre la voie traditionnelle et la voie peu effractive. « Les deux visent les mêmes objectifs, soit l'ablation radicale de la prostate; la méthode seule diffère et, à terme, les deux méthodes semblent produire les mêmes taux de contrôle du cancer. »
Le Dr Aprikian et l'équipe d'oncologues urologues du CUSM s'emploient à améliorer les résultats thérapeutiques grâce à la chirurgie peu effractive. « Comme cette technique chirurgicale donne plus de précision, nous faisons l'hypothèse, qui reste à démontrer, que nous obtiendrons de meilleurs résultats, par exemple que nous observerons moins de dysfonction érectile et de difficultés urinaires qu'avec la chirurgie traditionnelle. »
« Mais la technologie et les chirurgiens ne sont pas tout-puissants », dit le Dr Aprikian. « Les hommes doivent s'exprimer, parler de ce cancer, car non seulement on peut le dépister par une analyse de sang et un examen physique, mais il est curable s'il est diagnostiqué assez tôt. »
Qu'est-ce que la prostate ?
La prostate est une glande sexuelle masculine qui produit un liquide blanchâtre qui forme l'essentiel du sperme. Elle est située sous la vessie, en face du rectum, et elle entoure la partie supérieure de l'urètre (canal qui élimine l'urine de la vessie). La glande prostatique se développe et fonctionne grâce à l'hormone androgène. Ce phénomène n'entre véritablement en action qu'à la puberté, après quoi la glande continue de se développer très lentement jusqu'à 40 ans, puis plus rapidement. À son état normal, la prostate a la taille d'une petite prune. Quand un homme est atteint du cancer de la prostate, il se produit d'abord une croissance de cellules cancéreuses dans la prostate, puis à l'extérieur (métastases). Cette maladie est rare chez les hommes de moins de 50 ans, mais le risque augmente considérablement avec l'âge par la suite.
Si vous avez plus de 50 ans, passez le test !
« Il n'y a pas de signe avertisseur du cancer de la prostate », dit le Dr Armen Aprikian, chef de l'urologie au CUSM. « Si les hommes n'ont pas de symptômes, mais sont dans la cinquantaine ou la soixantaine, cela ne veut pas dire qu'ils ne sont pas touchés par le cancer de la prostate. Inversement, des hommes dans la soixantaine peuvent éprouver des difficultés urinaires... sans avoir le cancer de la prostate. Il n'y a en réalité aucune relation entre les symptômes urinaires et le cancer de la prostate. Voilà pourquoi il est si important que les hommes subissent le dosage sanguin de l'ASP, qui détecte une substance produite seulement par la prostate, et un toucher rectal, même s'ils se sentent bien. » Le Dr Aprikian recommande aux hommes de subir chaque année un test de dépistage du cancer de la prostate à partir de l'âge de 50 ans, ou plus tôt s'ils ont un parent proche auquel on a diagnostiqué ce cancer. Le diagnostic rapide du problème offre de meilleures options de traitement. « Heureusement, nous disposons d'un test pour le cancer de la prostate, dit le Dr Aprikian, alors que pour beaucoup d'autres cancers, nous n'en avons pas. »



