Cancer de l'ovaire : le coupable est démasqué

La forme de cancer de l’ovaire la plus mortelle débute dans les trompe de Fallope.

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C’est ce que révèlent les résultats de l’étude du CUSM.

La forme de cancer de l’ovaire la plus mortelle débute le plus souvent à l’extérieur de l’ovaire, entraîne des symptômes et, lorsqu’elle est dépistée à un stade précoce, peut être traitée avec succès. C’est ce que révèlent les résultats de l’étude DOvE (Diagnosing Ovarian Cancer Early) menée par un groupe de recherche du Centre universitaire de santé McGill (CUSM). Cette découverte, qui fait l’objet d’un article publié dans The Lancet Oncology revêt beaucoup d’importance pour les femmes partout dans le monde; elle pourrait révolutionner les techniques de dépistage et les stratégies de traitement de cette maladie.

« Nos résultats démontrent que les femmes âgées de plus de 50 ans présentant des symptômes vagues (tels que ballonnements, fréquence urinaire accrue, inconfort abdominal ou dans la région pelvienne) courent dix fois plus de risques d’avoir le cancer de l’ovaire que celles sans symptôme. Toutefois, la conclusion la plus surprenante est que la forme de cancer ovarien la plus mortelle, le cancer séreux de haut grade à l’origine de 90 % des décès attribuables à cette maladie, se développe dans les trompes de Fallope, et non dans les ovaires », déclare la docteure Lucy Gilbert, chef de l’oncologie gynécologique au CUSM et auteure principale de l’étude DOvE, qui est en place à l’Institut de recherche du CUSM depuis maintenant quatre ans.

« Le type de cancer des ovaires mortel n’est pas vraiment le cancer des ovaires tel qu’on le connait actuellement; nous devons donc repenser les tests diagnostiques, sinon ces cancers vont nous échapper », livre la docteure Gilbert qui est également professeure agrégée de médecine de l’Université McGill. « Nous ne désignons pas correctement ce type de cancer, nous ne le dépistons pas au bon stade et nous n’utilisons pas les bonnes techniques de dépistage. Il n’est pas étonnant que nous ayons perdu beaucoup de patientes à cause de cette maladie. »

Le projet DOvE a été créé en mai 2008 afin d’examiner les femmes ayant des symptômes du cancer de l’ovaire, au stade le plus précoce possible, quand les chances de guérison sont les plus élevées. Dans le cadre de cette étude, 1 455 femmes âgées de 50 ans ou plus, qui présentaient des symptômes, ont été diagnostiquées avec attention. Ces tests ont donc permis de dépister des cancers à un stade plus précoce, c’est-à-dire que 73 % des femmes ont pu bénéficier d’une chirurgie complète ne laissant aucune trace de la maladie. Ce n’est pas toujours possible avec le cancer séreux de haut grade.

Chaque année, 216 000 femmes à travers le monde reçoivent un diagnostic de cancer de l’ovaire, et 70 % d’entre elles mourront, à moins que nous agissions sans délai à la lumière des nouvelles données. « On souhaite sensibiliser les professionnels de la santé à travers le monde au fait que le cancer séreux de haut grade début le plus souvent dans les trompes de Fallope. Les tests traditionnels – le scan à ultrasons des ovaires et le test sanguin Ca125 – ne sont pas suffisants pour dépister cette forme grave de cancer, à temps.

« Á Montréal, nous sommes en train de mettre en place un réseau de 12 cliniques satellites. Cela facilitera l’accès au dépistage pour les femmes symptomatiques, mais l’interprétation des tests sera centralisée au CUSM afin de s’assurer qu’aucun cas de cancer ne soit manqué et que toutes opérations inutiles soit évitées », conclut la docteure Gilbert.

À propos de l’étude DOvE

Les chercheurs qui ont participé à l’étude DOvE sont Olga Basso, Claudia Martins, Jing Feng, Ilia Pacili, Sabrina Piedimonte, Louise Quintal, Agnihotram V Ramanakumar, Janet Takefman, Maria S Grigorie, Giovanni Artho, Srinivasan Krishnamurthy (tous du Centre universitaire de santé McGill); Igor Karp (Université de Montréal et Centre de recherche du Centre hospitalier de l’Université de Montréal); John Sampalis (CUSM et JSS Recherche médicale Inc.) et les membres du groupe d’étude DOvE.

Co-chercheurs / collaborateurs des cliniques the satellites : Dr Paul Vezina (Clinique médicale du Haut-Anjou), Dr Louis-Marie Simard (Hôpital Lachine, Lachine), Dr Michel Welt (Hôpital du Sacré-Cœur de Montréal), Dr Louise Quintal (Complexe Queen Elizabeth Health et St Lambert), Dr Robert Hemmings (St Mary’s Hospital), Dr Hanaa Zacharia (Clinique-Plein Ciel, Ville St-Laurent), Dr Richard Germain et Dr Daniel Saxon (Lakeshore General Hospital), Dr Louise Desserault (Clinique Familiale Pas-à-Pas, Henri-Bourassa E), Mme Phaneuf Manon (Maurice Duplessis), Dr Guido Colantoni (Polyclinique Cabrini), Dr Christian Lauriston (Clinique Perrier, Lajeunesse), Dr Adele Adjami (Centre Médical Saint-Henri)

L’étude DOvE a bénéficié de subventions des Instituts de recherche en santé du Canada, de la Fondation de l’Hôpital général de Montréal, de la Fondation de l’Hôpital Royal Victoria, de l’Institut des Cèdres contre le cancer et de la Fondation du cancer Monique Malenfant Pinizzotto.

Liens connexes

• Centre universitaire de santé McGill (CUSM) : www.muhc.ca
• Institut de recherche du CUSM (IR CUSM) : www.cusm.ca/research/dashboard
• Université McGill : www.mcgill.ca
• Instituts de recherche en santé du Canada (IRSC) : www.cihr-irsc.gc.ca