L'ingestion d’une pile bouton est grave et nécessite une intervention médicale immédiate!

Mise en garde des spécialistes en traumatologie de L’Hôpital de Montréal pour enfants

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Une pile bouton ingérée peut générer un courant électrique et libérer des substances chimiques pouvant endommager gravement les tissus en moins de deux heures!

Montréal, le 25 mars 2011 – Pour souligner la Semaine nationale de prévention des empoisonnements, les spécialistes en traumatologie de L’Hôpital de Montréal pour enfants (L’HME) du Centre universitaire de santé McGill pressent les parents de demander l’aide immédiate d’un professionnel de la santé si leur enfant avale une pile bouton. Les parents ne doivent surtout pas présumer qu’une si petite pile peut passer sans dommage dans l’organisme de leur enfant. Un enfant qui ingère une pile bouton peut non seulement s’étouffer, mais il peut aussi subir de graves dommages si la pile génère un courant électrique, laisse échapper des substances chimiques ou applique une pression physique sur des tissus adjacents. Dans certains cas, l’ingestion d’une pile bouton peut même entraîner la mort.

« Une pile bouton peut se loger facilement dans l’œsophage, le larynx, le pharynx, la trachée ou l’estomac d’un enfant. Une fois ingérée, la pile se corrode rapidement et laisse échapper des produits chimiques qui peuvent brûler gravement les tissus environnants en moins de deux heures », explique le Dr Dominic Chalut, toxicologue et urgentologue à L’HME. « Même en l’absence de symptômes, tous les enfants qui avalent une pile bouton doivent être examinés sans tarder par les spécialistes d’un département d’urgence pédiatrique, de préférence doté d’un centre de traumatologie. »

Le Dr Chalut souligne que l’ingestion de ces petites piles peut entraîner des complications, comme une perforation de l’œsophage, une fistule trachéo-œsophagienne, un saignement, une infection, des dommages aux cordes vocales et, dans des cas extrêmes, la mort.

« Le nombre d’enfants et d’adolescents qui subissent de graves complications en raison de l’ingestion de piles boutons est en hausse, explique Debbie Friedman, directrice du service de traumatologie de L’HME, probablement parce que ces petites piles sont de plus en plus courantes. » Mesurant à peine 20 mm de diamètre, les piles boutons sont utilisées dans des cartes de souhaits musicales, des livres d’éveil pour les tout-petits, des montres, des jouets, des appareils auditifs, des appareils-photo, des planificateurs numériques, des lampes de poche DEL et d’autres gadgets du genre. Les piles ne sont pas toujours bien sécurisées, et comme elles sont rondes comme des bonbons et brillantes, elles sont très attirantes pour les jeunes enfants qui s’amusent avec elles et finissent par les glisser par mégarde dans leur nez, leurs oreilles ou leur bouche. Mais, les jeunes enfants n’ont pas l’exclusivité de ces incidents. Dernièrement à L’HME, nous avons soigné un adolescent qui avait ingéré par mégarde une pile bouton en mâchouillant le bout d’un stylo-lampe de poche. Il a subi une brûlure de l’œsophage sur une longueur de 30 centimètres et une petite perforation, et a dû être hospitalisé durant 10 jours sous les soins de plusieurs spécialistes.

Entre 2007 et 2009, le National Poison Data System des États-Unis a noté 6,7 fois plus de cas graves ou mortels dus à l’ingestion d’une pile bouton, une hausse alarmante. À L’Hôpital de Montréal pour enfants, nous recevons chaque année environ 250 patients qui ont ingéré des objets étrangers, incluant des piles boutons. Environ 15 % des cas nécessitent un traitement médical d’urgence et une hospitalisation.

Si votre enfant avale une pile bouton, Mme Friedman vous presse de le conduire immédiatement à l’urgence et, dès votre arrivée, d’expliquer clairement la situation à un professionnel de la santé, en faisant la chronologie précise des événements. Mme Friedman souligne que si la pile est logée dans la gorge de votre enfant, elle doit être retirée dans les deux heures pour éviter de graves dommages.

Pour de plus amples renseignements, communiquez avec le Centre antipoison du Québec au 1-800-463-5060.
Pour parler à un spécialiste de la traumatologie à L’HME, veuillez joindre :
Danielle Taylor
Affaires publiques et planification stratégique
Centre universitaire de santé McGill
514-843-1560