L'Atlas mondial du BCG : une première mondiale dans la lutte contre la tuberculose
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Des chercheurs de McGill et de l’IR CUSM lancent le premier atlas électronique gratuit des politiques de vaccination contre la tuberculose de différents pays
Dr Madhukar Pai
Aujourd’hui encore, la tuberculose constitue une importante menace pour
la santé à l’échelle planétaire. Chaque seconde, une personne est
infectée par la bactérie causant cette maladie. Chaque année, plus de
neuf millions de personnes contractent la tuberculose active et environ
deux millions de personnes en meurent. Si l’incidence globale de cette
maladie recule au Canada, elle demeure élevée chez les immigrants issus
de pays endémiques et les populations autochtones. À l’heure actuelle,
le Nunavut est aux prises avec la plus importante éclosion de
tuberculose depuis la création du territoire, il y a dix ans.
À l’aube de la Journée mondiale de la tuberculose 2011, le 24 mars, une
équipe de chercheurs de l’Université McGill et de l’Institut de
recherche du Centre universitaire de santé McGill (IR CUSM) lance
officiellement l’Atlas mondial du BCG, un site Web interrogeable unique
en son genre qui fournit gratuitement des renseignements détaillés sur
les politiques et pratiques actuelles et passées de vaccination contre
la tuberculose dans plus de 180 pays.
« L’Atlas se veut une ressource utile, tant pour les cliniciens que pour
les décideurs et chercheurs », affirme le Dr Madhukar Pai, coauteur et
professeur adjoint au Département d’épidémiologie, de biostatistique et
de santé au travail de l’Université McGill et chercheur au sein de
l’Unité d’épidémiologie respiratoire et de recherche clinique à
l’Institut thoracique de Montréal et à l’IR CUSM. « Il a d’importantes
conséquences sur le diagnostic et le traitement de la tuberculose ainsi
que sur la recherche visant la mise au point d’un nouveau vaccin. »
Le Dr Pai est l’un des principaux auteurs d’un article sur l’Atlas
mondial du BCG qui paraîtra dans l’édition du mois de mars de la revue
PLoS Medicine.
Utilisé pour la première fois en 1921, le vaccin bacille Calmette-Guérin
(BCG) a été et demeure le seul vaccin voué à la prévention de la
tuberculose. Même après presque un siècle d’utilisation, il demeure
controversé, présentant des variations à l’échelle planétaire en ce qui
concerne son efficacité, les souches qu’il renferme et les politiques et
pratiques s’y rapportant. Les cliniciens doivent être au fait des
différentes politiques ayant trait au BCG en vigueur dans différentes
régions du globe ainsi que des modifications qui leur sont apportées au
fil des ans, notamment lorsqu’ils ont affaire à des adultes nés à
l’étranger qui ont été vaccinés alors qu’ils étaient enfants et qui
n’ont probablement plus leur carnet de vaccination de l’époque.
Alice Zwerling, responsable du projet sur l’Atlas du BCG et doctorante
en épidémiologie à McGill, explique que la vaccination au BCG peut
entraîner des faux positifs au test cutané communément utilisé pour le
dépistage de la tuberculose latente. « Comme clinicien, si vous tentez
d’interpréter les résultats d’un test cutané d’une personne née à
l’étranger, il importe que vous sachiez à quel moment et combien de fois
le BCG a été administré dans le pays d’origine. L’Atlas fournit ces
renseignements et peut aider les médecins à décider s’il convient
d’utiliser de nouveaux tests sanguins de dépistage sur lesquels le BCG
n’a pas d’effet », ajoute-t-elle.
« Je suis heureux que l’Agence de la santé publique du Canada (ASPC) ait
pu jouer un rôle dans un projet si important », affirme le Dr David
Butler-Jones, administrateur en chef de la santé publique du Canada et
directeur de l’ASPC, qui a fourni un soutien financier au projet. «
L’Atlas mondial du BCG constituera une ressource vitale pour les
professionnels de la santé à la grandeur du pays, un outil qui nous
aidera à prévenir et contrôler la propagation de la tuberculose au
Canada. »
Le projet a débuté en 2007 avec la compilation d’information détaillée
sur les politiques actuelles et passées de vaccination au BCG dans le
plus grand nombre de pays possible. Ces données ont été rassemblées à
partir de questionnaires, d’articles publiés, de rapports, de documents
de politique gouvernementaux et des données disponibles du système de
surveillance des maladies pouvant être prévenues par la vaccination de
l’Organisation mondiale de la Santé. La version bêta du site est entrée
en ligne en 2008 et, au cours de la dernière année, le site a été
consulté plus de 6 000 fois, la fréquence de ces consultations ne
cessant d’augmenter. L’Atlas fait constamment l’objet de mises à jour,
et ses auteurs encouragent les pays qui n’y figurent pas encore à se
manifester.
Au sujet de l’article :
Les travaux sur l’Atlas mondial du BCG ont été possibles, en partie,
grâce au soutien financier de l’Agence de la santé publique du Canada et
d’une subvention de la National Sanitarium Association. Les travaux
d’Alice Zwerling sont soutenus par une bourse de recherche au doctorat
des Instituts de recherche en santé du Canada (IRSC) et ceux du Dr
Madhukar Pai, par une bourse de nouveau chercheur des IRSC. Le Dr Marcel
A. Behr, Aman Verma ainsi que les Drs Timothy Brewer et Dick Menzies
font également partie de l’équipe de recherche.



