La recherche répond à une curieuse question : pourquoi ne nous déshydratons-nous pas durant notre sommeil?
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Durant la journée, nous régulons notre teneur en eau en buvant et en allant aux toilettes. Pendant la nuit, rien de tout ça! Notre organisme reste hydraté: il doit donc « freiner » notre désir de boire et le besoin que nous éprouvons d’aller aux toilettes.
Charles Bourque et Eric Trudel, deux neurophysiologistes du Centre de recherche en neurosciences de l’Institut de recherche du CUSM (IR CUSM) et de l’Université McGill, ont découvert comment notre organisme bascule de sa stratégie d’hydratation, durant la journée, à celle de rétention d’eau qui prévaut pendant la nuit. Leurs résultats viennent d’être publiés dans la revue Nature Neuroscience. 
« Durant la nuit, le corps empêche toute déshydratation en modifiant l’activité de trois groupes de cellules dans le cerveau. Ces groupes de cellules travaillent ensemble pour contrôler l’équilibre des fluides. Les cellules qui contrôlent notre capacité à conserver l'eau de notre corps sont situées dans l'hypothalamus, et elles agissent sur tous les organes par l'intermédiaire d'une hormone: la vasopressine », souligne le Dr Bourque auteur principal de l’étude.
« Leur activité est régulée par un deuxième groupe de cellules qui détectent la fluctuation du niveau d’eau. Enfin le troisième groupe de cellules, qui se logent également dans l’hypothalamus, contrôle l’horloge interne du corps.» Lorsque les cellules régulant l’horloge ralentissent leur activité pour se préparer au sommeil, elles stimulent les deux autres groupes de cellules à interagir plus activement. L’hypothalamus libère alors une plus grande quantité de vasopressine qui permet au corps de retenir l’eau.
« En fait, lorsque l’horloge biologique ralentit, le corps tend vers son activité nocturne et se met à conserver l’eau. À l’inverse, lorsque les cellules qui régulent l’horloge biologique s’accélèrent, l’interaction entre les groupes de cellules qui captent le niveau d’eau et celles qui la stockent s’atténue et le corps conserve moins d’eau », explique Eric Trudel, stagiaire postdoctoral et co-auteur de l’étude.
« Notre défi, dans un futur proche, est de déterminer si l’horloge biologique procède de la même façon pour contrôler d’autres circuits centraux comme ceux qui régulent la faim ou la somnolence », conclut le Dr Bourque.
Le Dr Charles Bourque est chercheur au Centre de recherche en neurosciences, IR du CUSM/McGill. Professeur James McGill au département de neurologie-neurochirurgie, Faculté de médecine, Université McGill et membre adjoint du département de physiologie, Université McGill.
Financement
Cette étude a été financée grâce à une subvention des Instituts de recherche en santé du Canada (IRSC) et une Chaire James McGill décernée à Charles William Bourque. Éric Trudel a reçu une bourse de stagiaire de recherche de niveau doctoral de la Fondation des maladies du cœur du Canada.



