Dr Jacques Genest dirige une étude qui a produit de nouvelles données montrant qu’un traitement avec une statine chez les patients qui ont un taux élevé de protéine C réactive (CRP), un biomarqueur d’inflammation, coupe le risque de maladie et de décès cardiovasculaires de près de la moitié.
L’infarctus aigu du myocarde, ou crise cardiaque, causé par le rétrécissement des artères (un processus appelé athérosclérose) est la principale cause de décès dans le monde. Parmi les facteurs de risque classiques, on retrouve l’âge avancé, le sexe masculin, le tabagisme, l’hypertension artérielle, le diabète, une augmentation du mauvais cholestérol (LBD), une diminution du bon cholestérol (LHD), la sédentarité, une mauvaise alimentation et l’obésité.
« Au cours des 20 dernières années, l’inflammation a été identifiée comme un élément majeur de l’athérosclérose », explique Dr Genest. « La protéine C réactive, ou CRP, est une substance qui reflète une inflammation accrue dans les vaisseaux sanguins et qui a été associée à un risque élevé de maladie cardiovasculaire. »
Cependant, avoir trouvé un marqueur qui prédit la maladie ne signifie pas que celleci peut être évitée. En 2002, Dr Paul Ridker du Brigham and Women's Hospital, de Boston, au Massachusetts, a lancé l’étude Jupiter fondée sur l’hypothèse que les patients ayant un taux de protéine CRP élevé risqueraient davantage d’être atteints de maladie cardiaque. Ces personnes recevraient une classe de médicaments qui réduit à la fois le LBD et la protéine CRP, connue sous le nom de traitement à la statine.
Pour que cette étude ne comporte aucune ambiguïté, des patients plus âgés présentant à la fois un taux de protéine CRP élevé et un taux de cholestérol LBD normal ont été sélectionnés. Dans le monde entier, 17 802 patients ont été choisis aléatoirement pour recevoir soit un placebo (substance neutre), soit une dose quotidienne de 20 mg de rosuvastatine.
« L’an dernier, nous avons appris du comité de surveillance basé à Oxford que les résultats de l’étude étaient déjà si positifs qu’il serait contraire à l’éthique de continuer, dit Dr Genest. Après avoir traité les patients pendant près de deux ans, nous avons interrompu l’étude parce nous avions obtenu, par rapport à notre principal critère d’évaluation, une diminution de 44 pour cent du taux de mortalité de maladie cardiaque, d’infarctus aigu du myocarde, d’accident vasculaire cérébral, d’hospitalisation pour l’angine et la nécessité d’un pontage ou d’une angioplastie. »
À partir de ces résultats spectaculaires, plusieurs directives à l’échelle planétaire devront dorénavant tenir compte du taux de protéine CRP comme nouveau facteur de risque d’événements cardiovasculaires et recommander le traitement si le taux de protéine CRP est élevé.




