Dr Janusz Rak et ses collègues, Drs Khalid Al Nedawi et Brian Meehan, ont découvert que les cellules cancéreuses communiquent avec d’autres cellules plus saines en libérant des vésicules. Ces structures en forme de bulle, appelées oncosomes, contiennent des protéines oncogènes (causant le cancer) qui peuvent fusionner avec des cellules saines et les contaminer.
Selon Dr Rak, les oncosomes propagent une partie du contenu de la cellule cancéreuse à l’extérieur, ou aux cellules avoisinantes. « Cette découverte nous permet d’envisager le cancer non plus comme un processus unicellulaire où tout est confiné dans la cellule cancéreuse, mais où les cellules voisines sont contaminées non pas à 100 pour cent, mais de façon provisoire. »
Dr Rak et ses collègues cherchent maintenant à déterminer si cette découverte permet d’établir des traitements ou des diagnostics. Récemment, ils ont testé un médicament qui s’attache aux oncosomes et les empêche de s’intégrer dans une cellule cible. « Pendant que nous testions son effet anticancéreux sur des souris, ce médicament s’est révélé très actif en tant qu’agent anticancéreux unique. Il n’est pas curatif, mais il est actif. »
La présence d’oncosomes dans le sang des patients atteints de cancer peut également devenir un marqueur clinique et permettre d’établir certaines des caractéristiques moléculaires de la tumeur sans qu’on doive recourir à une chirurgie ou une biopsie invasive. Actuellement, dans le cas du cancer du cerveau par exemple, on ne peut effectuer cette évaluation très précise sans retirer la tumeur et, par conséquent, ouvrir la boîte crânienne. Une analyse des oncosomes ne pourrait nécessiter qu’un peu de sang ou de liquide céphalo-rachidien pour donner une image plus détaillée de la tumeur et de sa machinerie moléculaire. Cela pourrait se traduire en une meilleure utilisation des médicaments existants. «
Il existe aujourd’hui tellement de médicaments incroyables qui agissent comme des “bombes intelligentes”. Ils ciblent les molécules des tumeurs cancéreuses, mais nous ne savons pas encore très bien comment les utiliser. Nous espérons, conclut Dr Rak, que l’analyse des oncosomes nous renseignera sur les façons d’appliquer les “bombes intelligentes”, de les combiner et d’en optimiser l’utilisation. » Les lecteurs de la revue Québec Science ont désigné la recherche de Dr Janusz Rak et de son équipe « Découverte de l’année 2008 ».



