Hanspaul Singh Saund : un patient atteint de cancer

Pour bien des gens, un diagnostic de cancer est un événement marquant et traumatisant

Le 17 mars 2009, tout juste trois jours après son 27e anniversaire, Hanspaul Singh Saund a appris qu’il était atteint d’un lymphome de Hodgkin, un cancer des cellules du système immunitaire.

Pour bien des gens, un diagnostic de cancer est un événement marquant et traumatisant. Hanspaul l’a plutôt accueilli comme un soulagement, celui de savoir enfin d’où provenaient ses problèmes de santé et de pouvoir commencer à se battre.

« Connaître les faits m’a mis à l’aise, affirme-t-il. C’est ce que je voulais. »

Hanspaul a été hospitalisé à l’Hôpital général de Montréal le jour de son diagnostic, et y est resté pendant une semaine et demie.  

Pendant son séjour, il a presque toujours eu quelqu’un à ses côtés. Hanspaul explique qu’il avait besoin de l’amour et de la sollicitude de ses amis et de sa famille, dont il était reconnaissant, mais il rêvait aussi de passer du temps seul pour digérer tout ce qui se passait.  

« Je voulais simplement être seul. J’en avais besoin, ajoute-t-il. Lorsqu’ils étaient là, je devais faire bonne figure, mais à un certain moment, je n’avais plus l’énergie de le faire. » 

Pendant les cinq mois suivants, Hanspaul a subi d’exténuants traitements de chimiothérapie, au rythme de une à quatre séances toutes les deux semaines. Toute l’expérience l’a rendu incapable de travailler pendant dix mois.  

Comme bien des hommes jeunes, Hanspaul se targue de projeter une image de force. Son diagnostic de cancer et les traitements qui ont suivi lui ont plutôt donné l’impression d’être toujours perçu sous un regard compatissant.

Il s’est dit qu’il n’avait pas besoin de l’inquiétude de sa famille ou de ses amis et qu’il ne voyait pas en quoi cette inquiétude l’aiderait. Ce qu’il souhaitait le plus, c’était un retour à la normale.

« Je ne voulais pas que les membres de ma famille s’inquiètent, alors au début, je cachais mes sentiments, explique-t-il. Je me disais aussi que je n’avais pas besoin de leur soutien, parce que je ne pensais pas qu’ils pouvaient faire quoi que ce soit. » 

Parallèlement, Hanspaul avait besoin d’un exutoire à toutes ses pensées et à tous ses sentiments. Il l’a finalement trouvé sous forme de blogue, Cancertainly.com, qu’il a commencé à écrire un mois après son opération.

Il a fallu un an avant que Hanspaul se sente prêt à le partager et le rende public. Il continue de le mettre à jour par des messages d’espoir et de pensée positive, encourageant les autres à « remplacer nos peurs par la foi, notre ignorance par l’inspiration et la connotation négative du cancer par la cancertitude. » 

Deux ans plus tard, Hanspaul comprend désormais l’importance du soutien et est un bénévole actif au sein du programme Faire face de L’Institut des Cèdres contre le cancer, qui fournit aux patients atteints du cancer et à leur famille un appui pratique, pédagogique, affectif et humain. 

S’il veut ainsi redonner, c’est entre autres en guise de remerciements pour les soins qu’il a reçus au CUSM. Il appelle les infirmières qui l’ont soigné des « anges », et ajoute : « J’ai reçu d’excellents soins .Je n’aurais rien pu demander de mieux. »

Lorsqu’il réfléchit à l’expérience, Hanspaul explique que pour lui, le pire aspect du cancer provenait de l’obligation d’affronter une force sur laquelle il n’exerçait aucun contrôle. Il savait qu’il avait besoin de chimiothérapie pour rester en vie, mais il éprouvait de la difficulté à accepter la perte des cheveux et la possibilité d’infertilité.

« La maladie prend les décisions pour vous, sans votre consentement. C’est ce qui me dérangeait. C’est difficile de lâcher prise, mais on n’a pas le choix », confie-t-il.

La pire partie de son cancer est désormais derrière lui, mais Hanspaul admet que les souvenirs qu’il en a ne disparaîtront jamais. « J’ai reçu un diagnostic de cancer, et aucune journée ne se passe sans que ce fait ne m’accompagne, raconte-t-il. Mais je ne le laisse pas me définir. Ce n’est pas qui je suis. »

Hanspaul qualifie plutôt son diagnostic de « bénédiction masquée » qui a enrichi sa vie. Il affirme qu’il l’a aidé à faire de meilleurs choix et à vivre mieux, et lui a donné la possibilité de redonner en étant présent pour les patients atteints de cancer.  

« Je n’échangerais ça pour rien au monde », déclare-t-il.

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