Deux chercheuses de l'IR-CUSM reçoivent chacune une bourse prestigieuse du gouvernement du Québec pour des projets novateurs

—Parmi les objectifs figurent la mise au point d’un traitement pour la douleur chronique, et l’optimisation d’un traitement pour un cancer du cerveau agressif

Deux chercheuses de l’Institut de recherche du Centre universitaire de santé McGill (IR CUSM) ont chacune reçu une bourse de 250 000 $ du ministère de l’Économie, de la Science et de l’Innovation (MESI) du Québec. Ces bourses visent à soutenir le parachèvement de leurs travaux de collaboration internationale.

Le premier des projets de recherche visés par les bourses susmentionnées est dirigé par la Dre Gabriella Gobbi, chercheuse au Département de Psychiatrie à l’IR CUSM et professeure à la Faculté de médecine de l’Université McGill. La Dre Gobbi, dont le laboratoire étudie depuis une vingtaine d’années les effets de l’utilisation du cannabis, s’intéresse aux effets pharmacologiques de l’huile de cannabidiol (CBD) – le composé non toxicomanogène du cannabis – comme traitement de la douleur chronique et l’anxiété et la dépression qui y sont associées. 

La Dre Gabriella Gobbi (centre) et son équipe de l’IR-CUSM vont étudier les effets du cannabis comme traitement de la douleur chronique.

La Dre Gabriella Gobbi (centre) et son équipe de l’IR-CUSM vont étudier les effets du cannabis comme traitement de la douleur chronique.

« Il y a très peu d’études fondées sur des données probantes sur l’efficacité du cannabis pour certaines maladies spécifiques, explique la Dre Gobbi. Nous voulons étudier le mécanisme d’action du CBD pur dans le traitement de la douleur neuropathique associée à la dépression et à l’anxiété, et lancer un essai clinique. »

La Dre Gobbi espère prouver l’efficacité de l’huile de CBD – le composé le moins toxicomanogène du cannabis – dans le traitement des troubles de l’humeur.

La Dre Gobbi espère prouver l’efficacité de l’huile de CBD – le composé le moins toxicomanogène du cannabis – dans le traitement des troubles de l’humeur.

Au cours des trois prochaines années, la Dre Gobbi et son équipe vont travailler à l’échelle internationale avec un groupe de chercheurs scientifiques provenant de l’Italie et de la France ainsi qu’avec Aurora Cannabis Inc., producteur autorisé de cannabis à des fins médicales.

La Prof Pnina Brodt et son équipe espèrent optimiser l’administration d’un nouveau médicament pouvant traverser la barrière hématoencéphalique afin d’améliorer le traitement d’une forme agressive de cancer du cerveau.

La Prof Pnina Brodt et son équipe espèrent optimiser l’administration d’un nouveau médicament pouvant traverser la barrière hématoencéphalique afin d’améliorer le traitement d’une forme agressive de cancer du cerveau.

Le second projet est dirigé par la Professeure Pnina Brodt, Ph. D., chercheuse à l’IR CUSM et au Centre universitaire de santé McGill (CUSM), dont les travaux portent depuis près de 20 ans sur le cancer métastatique. Mme Brodt est aussi professeure au Département de chirurgie, médecine et oncologie de l’Université McGill. Son projet bénéficie également du soutien de la Fondation du CUSM.

« Nous sommes fiers d’avoir engagé la somme de 250 000 $ pour soutenir la recherche menée par la Prof Brodt. Cet investissement a joué un rôle important dans l’obtention de la bourse prestigieuse que lui a octroyée le ministère de l’Économie, de la Science et de l’Innovation du Québec, qui lui permettra de poursuivre sa recherche de pointe, explique la présidente de la Fondation du CUSM, Julie Quenneville. Il s’agit là d’une véritable démonstration du pouvoir de la philanthropie pour ce qui est de mener des recherches et de transformer les soins destinés aux patients atteints de cancer au sein de notre communauté. »

L’objectif principal du projet que mène la Prof Brodt, en collaboration avec des entreprises de biotechnologie en Israël (Brainsway), au Québec (Oleotek) et en Ontario (Ovensa), est d’élaborer une stratégie thérapeutique destinée à améliorer le traitement du glioblastome multiforme — forme agressive du cancer du cerveau — en optimisant l’administration d’un nouveau médicament qui traverse la barrière hématoencéphalique.

« Au fil des ans, nous avons identifié le récepteur du facteur de croissance de l’insuline de type 1 (récepteur IGF-1) comme facteur de survie des cellules cancéreuses; il favorise leur croissance et augmente leur résistance aux médicaments. Cela a amené au développement de l'IGF-TRAP, une molécule qui agit comme un appât et réduit ainsi l'activité de ce récepteur. Nous avons obtenu des preuves que les cellules d’un gliome sont sensibles au blocage du récepteur de l'IGF-1.

Pendant sa recherche, la Prof Brodt a rencontré un problème commun de ciblage des cancers du cerveau avec des médicaments biologiques.

Comptage et analyse des cellules cancéreuses dans le laboratoire de la Prof Pnina Brodt.

Comptage et analyse des cellules cancéreuses dans le laboratoire de la Prof Pnina Brodt.

« En raison de sa grande taille, l'IGF-TRAP ne peut pas facilement traverser la barrière hématoencéphalique et atteindre les cellules du gliome dans le cerveau. Dans ce projet, nous allons combiner deux nouvelles technologies pour surmonter cet obstacle », explique la Prof Brodt.

C’est ici que Brainsway et Oleotek interviennent. Brainsway a mis au point la Stimulation Magnétique Transcrâniale (SMT), une technique approuvée par la Drug and Food Administration (FDA) qui peut ouvrir la barrière hématoencéphalique de manière temporaire. Pour leur part, Oleotek et Ovensa développent des nanoparticules qui pourront être utilisées pour faciliter le passage du médicament à travers la barrière hématoencéphalique.

« Nous allons étudier séparément chacune des deux technologies susmentionnées avec l’IGF-TRAP pour ensuite les tester ensemble, afin de vérifier leur synergie », ajoute la Prof Brodt.

Le meilleur de la science

La Dre Gobbi et la Prof Brodt croient que les types de partenariats auxquels elles participent contribuent non seulement à l’avancement de leurs travaux, en particulier, mais aussi de la science en général. Si elle s’avère fructueuse, l’approche décrite ci-dessus pourrait être utilisée pour faciliter l’administration d’autres types de médicaments dans le cerveau.

Les projets des deux chercheuses ont été sélectionnés en avril 2017, au titre du programme de Soutien à des initiatives internationales de recherche et d'innovation du MESI.