Ne négligez pas le syndrome du côlon irritable

Avril est le mois de la sensibilisation au syndrome du côlon irritable (SCI)

Le SCI est un trouble gastro-intestinal chronique dont les symptômes sont les suivants : douleurs abdominales, ballonnements et modification du transit intestinal, comme la diarrhée ou la constipation, et il est surtout présent chez les patients de moins de 50 ans. Une personne sur dix est atteinte du SCI, et les femmes sont près de deux fois plus susceptibles que les hommes de souffrir de ce trouble inconfortable, mais courant.

 

Bien que seul un petit nombre de personnes aux prises avec le SCI manifestent des signes et des symptômes graves, il est important de ne pas faire fi de ce trouble gastro-intestinal chronique qui peut nécessiter une gestion à long terme. Le fait de passer outre les stigmates sociaux et souvent professionnels qui peuvent accompagner cette maladie se révèle difficile pour les patients, qui voient souvent leurs inquiétudes initiales être rejetées, malgré les conséquences élevées du SCI sur leur qualité de vie.

« On transmet aux patients un certain nombre de messages à la suite d’une évaluation négative, à commencer par “ce n’est rien de bien grave, donc apprenez simplement à vivre avec la maladie”. Mais les gens atteints du SCI souffriront toute leur vie d’un trouble qui influence assurément leur productivité et leur qualité de vie », affirme le Dr Seymour Mishkin, membre de la division de la Gastroentérologie (GI) du Centre universitaire de santé McGill (CUSM).

À quoi reconnaît-on le SCI? Certains critères diagnostiques fondés sur le dossier médical à lui seul peuvent fortement laisser supposer la présence d’un SCI, notamment des antécédents de douleurs abdominales et de ballonnements associés à une modification du transit intestinal, comme la diarrhée ou la constipation, en l’absence de « signaux d’alarme ». Le Dr Mishkin souligne que l’on devrait se méfier en cas de perte de poids ou de sang ainsi que d’anémie associée à une carence en fer ou en vitamine B12, ce qui justifierait des examens supplémentaires. Lorsque des douleurs abdominales et des épisodes de diarrhée récurrents vous tirent du lit, il est temps de consulter votre médecin de famille.

Parmi les éléments déclencheurs du SCI, mentionnons des réactions à certains aliments, que ce soit les mets épicés, les produits laitiers, les haricots ou les légumineuses, ou divers sucres comme le lactose, le fructose ou le sorbitol, qui sont mal absorbés par un grand nombre de patients. Les sucres non absorbés sont métabolisés par la flore intestinale du patient et libèrent divers gaz et d’autres métabolites qui sont associés aux symptômes mentionnés ci-haut.

« On peut essayer des remèdes courants, comme la modification du régime alimentaire ou la prise de la siméthicone – qui sert à réduire les ballonnements – et de probiotiques. Il peut également être utile de prendre d’autres mesures pour réduire son stress et améliorer son humeur générale », souligne le Dr Mishkin, professeur agrégé de la Faculté de médecine de l’Université McGill, qui conseille aux patients qui soupçonnent un SCI de parler d’abord de leurs préoccupations à leur médecin de famille.

 

ENCADRÉ (source : International Foundation for Functional Gastrointestinal Disorders)

  • Le SCI touche plus de 750 millions de personnes dans le monde
  • Les patients limitent leurs activités en moyenne 73 jours par année
  • Il faut en moyenne six ans entre l’apparition des symptômes et l’établissement d’un diagnostic
  • Moins de 50 % des patients atteints du SCI vont chercher à obtenir des soins médicaux