Des chercheurs découvrent une nouvelle mutation génétique liée à l'ostéonécrose de la hanche

Des chercheurs de l'IR-CUSM ont découvert une nouvelle mutation génétique liée à l’ostéonécrose de la hanche.

MONTRÉAL, 13 juillet 2016 – Des chercheurs de l’Institut de recherche du Centre universitaire de santé McGill (IR-CUSM) ont découvert une nouvelle mutation génétique liée à l’ostéonécrose de la hanche. Cette percée pourrait permettre aux médecins de dépister et de traiter cette maladie avant l’apparition des symptômes.

hanche

L’ostéonécrose, ou « mort des tissus osseux », de la tête du fémur est une maladie grave et douloureuse causée par une interruption de la circulation du sang dans l’os de la hanche, plus précisément la tête du fémur, qui entraîne une arthrose avancée et nécessite une chirurgie de remplacement de la hanche. «C’est une maladie très débilitante, généralement liée à des facteurs de risque identifiables, tels qu’un traitement aux glucocorticoïdes, un cancer du sang et, dans quelques rares cas, à une cause génétique», explique Dre Séguin, hématologue-oncologue du laboratoire de recherche sur l’ingénierie des tissus osseux et la biologie vasculaire de l’IR-CUSM et auteure principale de l’article scientifique publié récemment dans le Journal of Medical Genetics.

Les deux chercheurs qui dirigent la clinique d’ostéonécrose spécialisée de l’Hôpital général de Montréal du CUSM, Dre Chantal Séguin et Dr Ed Harvey, chirurgien orthopédiste, ont diagnostiqués une ostéonécrose avancée chez quatre des six frères et sœurs d’une même famille d’ascendance européenne. Leur  équipe de recherche ont ainsi identifié une mutation génétique sur le gène TRPV4 (récepteur à potentiel transitoire sensible aux vanilloïdes 4) qu’ils ont réussi à associer à l’ostéonécrose. Le gène TRPV4 est connu pour son rôle essentiel dans le contrôle de la circulation sanguine et le développement des tissus osseux. Une seule autre mutation a été décelée dans quelques familles d’ascendance asiatique, et jusqu’à présent, cette découverte n’a pas favorisé un diagnostic précoce ou un nouveau traitement ciblé.

« On a découvert que seul les membres de la famille atteints de la maladie étaient porteurs de la mutation, explique Dre Séguin On savait que des mutations pathogènes du gène TRPV4 avaient une incidence sur le squelette et le système nerveux, mais c’est la première fois qu’on l’associe à l’ostéonécrose de la tête fémorale ».

Dre Chantal Séguin
Dre Chantal Séguin, Hématologue-oncologue du laboratoire de recherche sur l’ingénierie des tissus osseux et la biologie vasculaire de l’IR-CUSM .  

Même si on ne connaît pas le nombre exact de personnes atteintes de cette maladie, jusqu’à 30 000 patients sont diagnostiqués chaque année aux États-Unis, et l’incidence serait à la hausse. De nombreux patients ont moins de 25 ans lorsqu’ils sont diagnostiqués. Le manque de connaissances sur l’ostéonécrose a aussi des répercussions financières sur le système de santé du Québec et du Canada.

« Si on pense à la répartition mondiale des Européens, il est fort probable que cette mutation existe dans des populations plus vastes, explique Dre Séguin. Cette découverte contribuera à comprendre les mécanismes responsables de la maladie permettant d’élaborer de nouveaux traitements qui cibleront la cause plutôt que les symptômes. »

Cette découverte pourrait également contribuer à mieux comprendre les mécanismes biologiques d’une forme beaucoup plus courante de l’ostéonécrose de la tête fémorale, soit l’ostéonécrose causée par les glucocorticoïdes, plus souvent appelés stéroïdes. Les glucocorticoïdes désignent une famille de médicaments utilisés dans le monde entier comme anti-inflammatoires ou dans de nombreux protocoles de chimiothérapie contre le cancer du sang. Les personnes qui prennent des stéroïdes pour traiter diverses maladies sont aussi vulnérables, ce qui correspond à plus de 60 millions de personnes dans le monde.

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Financement

Cette recherche a été finance par les Fonds de Recherche Québec - Santé (FRQ-S), la Fondation de l’Hôpital général de Montréal, la Fondation Yvon Boulanger, les Instituts de recherche en santé du Canada, National Institutes of Health, Fondation Leducq and Totman Medical Research Trust.

À propos de l’étude

L’étude intitulée Gain-of-function mutation in TRPV4 identified in patients with osteonecrosis of the femoral head a été coécrite par Wayne Mah,1 Swapnil K. Sonkusare,2,3,4 Tracy Wang,1 Bouziane Azeddine,1 Mihaela Pupavac,5 Jian Carrot-Zhang,5,6 Jacek Majewski,5,6 Edward J. Harvey,7 Laura Russell,5 Colin Chalk,8 David S. Rosenblatt,5 Mark T. Nelson,2,9 Chantal Séguin1

1 Department of Medicine, Division of Hematology and Oncology, McGill University Health Centre, Montreal, Quebec, Canada, 2 Department of Pharmacology, University of Vermont, Burlington, Vermont, USA,3 Department of Molecular Physiology and Biological Physics, University of Virginia, Charlottesville, Virginia, USA, 4 Robert M. Berne Cardiovascular Research Center, University of Virginia, Charlottesville, Virginia, USA, 5 Department of Human Genetics, McGill University, Montreal, Quebec, Canada, 6 McGill University and Genome Québec Innovation Centre, Montreal, Quebec, Canada, 7 Department of Surgery, Division of Orthopedic Surgery, McGill University Health Centre, Montreal, Quebec, Canada, 8Department of Neurology & Neurosurgery, McGill University, Montreal, Quebec, Canada,9 Institute of Cardiovascular Sciences, University of Manchester, Manchester, UK.

À propos de l’IR-CUSM

L’Institut de recherche du Centre universitaire de santé McGill (IR-CUSM) est un centre de recherche de réputation mondiale dans le domaine des sciences biomédicales et de la santé. Établi à Montréal, au Canada, l’Institut, qui est affilié à la faculté de médecine de l’Université McGill, est l’organe de  recherche du Centre universitaire de santé McGill (CUSM) – dont le mandat consiste à se concentrer sur les soins complexes au sein de sa communauté. L’IR-CUSM compte plus de 460 chercheurs et près de 1 300 étudiants et stagiaires qui se consacrent à divers secteurs de la recherche fondamentale, de la recherche clinique et de la recherche en santé évaluative aux sites  Glen et à l’Hôpital général de Montréal du CUSM. Ses installations de recherche offrent un environnement multidisciplinaire dynamique qui favorise la collaboration entre chercheurs et tire profit des découvertes destinées à améliorer la santé des patients tout au long de leur vie. L’IR-CUSM est soutenu en partie par le Fonds de recherche du Québec – Santé (FRQS). ircusm.ca

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Valérie Harvey 

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