Prescrire les statines différemment pour mieux prévenir les maladies cardiovasculaires

Une étude dirigée par l’IR-CUSM, en collaboration avec des chercheurs aux États-Unis, pourrait changer la façon d’envisager la prescription des statines

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Statines

Des millions de gens prennent un traitement à base de statines pour réduire leur taux de cholestérol. À l’heure actuelle, les statines sont prescrites à des patients qui présentent un futur risque d’accidents cardiaques, souvent déterminé par l’âge, ce qui exclut de nombreuses personnes qui pourraient en bénéficier. Une nouvelle étude dirigée par l’Institut de recherche du Centre universitaire de santé McGill (IR-CUSM) à Montréal, et menée en collaboration avec des chercheurs aux États-Unis, pourrait changer la façon d’envisager la prescription des statines. L’équipe de recherche a mis au point un nouveau modèle pour déterminer à qui administrer ces médicaments anti-cholestérol importants. Les résultats, publiés en ligne dans Circulation, la revue de l’American Heart Association, pourraient améliorer la prévention des maladies cardiovasculaires, particulièrement chez les jeunes patients.


 

Dr George Thanassoulis (auteur principal de l'étude), directeur du programme de cardiologie préventive et de génomique cardiovasculaire, CUSM

« Notre étude nous amène à aborder différemment la prescription des statines. Nous devrions non seulement tenir compte des personnes qui sont à risque d’avoir une crise cardiaque, mais également de celles qui pourraient bénéficier du traitement, explique l’auteur principal de l’étude, Dr George Thanassoulis, directeur du programme de cardiologie préventive et de génomique cardiovasculaire du CUSM et professeur agrégé de médecine à l’Université McGill. Par exemple, les patients moins âgés dont le taux de cholestérol est élevé sont souvent considérés comme “trop jeunes” pour être à risque d’une crise cardiaque à court terme, mais notre analyse révèle qu’ils profiteraient d’un traitement par statines, même à court terme, et qu’ils devraient donc y être admissibles ».

L’équipe de recherche a créé son modèle à partir des données de 2 134 participants au National Health and Nutrition Examination Survey, un sondage national réalisé entre 2005 et 2010 auprès d’une cohorte représentative de 71,8 millions d’Américains susceptibles d’être admissibles à recevoir des statines. Deux approches d’admissibilité aux statines ont été comparées : l’approche actuellement utilisée, qui est fondée sur le risque d’accidents cardiaques dans les dix ans à venir et une approche «plus personnalisée ». Cette dernière méthode semble ouvrir la porte à une plus grande admissibilité aux statines.


 

Dr Allan Sniderman (un des coauteurs de l'étude), cardiologue, CUSM

« En utilisant une analyse basée sur  l’approche davantage personnalisée, nous avons identifié  9,5 millions d’Américains à plus faible risque qui ne sont pas admissibles au traitement par statines mais qui en profiteraient autant, sinon plus, que des personnes plus à risque, explique Dr Thanassoulis. Ces personnes étaient à plus faible risque parce qu’ils étaient plus jeunes, mais ils présentaient un taux plus élevé de mauvais cholestérol, qui est une cause importante et démontrée de crise cardiaque. En offrant le traitement par statines à ce groupe, on pourrait prévenir 266 000 crises cardiaques et accidents vasculaires cérébraux supplémentaires sur une période de dix ans. »

« Cette stratégie améliorera la prévention des maladies cardiovasculaires, ajoute Dr Allan Sniderman, coauteur de l’étude, cardiologue au CUSM et professeur titulaire de médecine à l’Université McGill. Avec l’approche actuelle, le traitement commence trop tard pour bien des gens. En lançant le traitement plus rapidement, on sauverait beaucoup plus de vies. »

Le Dr Thanassoulis et ses collaborateurs sont à mettre au point une interface Web pour que les médecins utilisent également ce modèle de calcul. Les chercheurs espèrent que cette nouvelle approche permettra de mieux cibler les personnes qui profiteront vraiment d’un traitement par statines.

 

L’étude

Cette étude était financée par le Fonds de recherche du Québec – Santé et la Fondation Doggone. Les auteurs de l’article sont George Thanassoulis et Allan D. Sniderman (Institut de recherche du Centre universitaire de santé McGill et Université McGill, Montréal [Québec] Canada); Ken Williams (KenAnco Biostatistics et University of Texas Health Science Center, San Antonio, Texas); Kathleen Kimler Altobelli (KenAnco Biostatistics, San Antonio, Texas), Michael J. Pencina (Duke Clinical Research Institute, Durham, Caroline du Nord), Christopher P. Cannon (Harvard Clinical Research Institute et Brigham and Women’s Hospital, Boston, Massachusetts).

 

À propos de l’IR-CUSM

L’Institut de recherche du Centre universitaire de santé McGill (IR-CUSM) est un centre de recherche de réputation mondiale dans le domaine des sciences biomédicales et de la santé. Établi à Montréal, au Canada, l’Institut, qui est affilié à la faculté de médecine de l’Université McGill, est le bras de  recherche du Centre universitaire de santé McGill (CUSM) – dont le mandat consiste à se concentrer sur les soins complexes au sein de sa communauté. L’IR-CUSM compte plus de 460 chercheurs et près de 1 300 étudiants et stagiaires qui se consacrent à divers secteurs de la recherche fondamentale, de la recherche clinique et de la recherche en santé évaluative aux sites  Glen et à l’Hôpital général de Montréal du CUSM. Ses installations de recherche offrent un environnement multidisciplinaire dynamique qui favorise la collaboration entre chercheurs et tire profit des découvertes destinées à améliorer la santé des patients tout au long de leur vie. L’IR-CUSM est soutenu en partie par le Fonds de recherche du Québec – Santé (FRQS). www.ircusm.ca

 

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