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Une étude révèle des chiffres surprenants sur les infections bactériennes graves touchant les nourrissons fiévreux durant la pandémie

Des chercheurs de l’IR-CUSM recommandent de redoubler de prudence et de vigilance en période de restrictions sanitaires

Montréal, le 15 juillet 2021— Une baisse des visites à l'urgence et un pic de la proportion d'infections bactériennes graves (IBG) détectées chez les nouveau-nés et les jeunes nourrissons. Tels sont les principaux résultats d'une nouvelle étude menée à l'Hôpital de Montréal pour enfants du Centre universitaire de santé McGill (HME-CUSM) au cours de la première année de la pandémie de COVID-19. Publiée dans JAMA Network Open, l'étude montre que de mars 2020 à mars 2021, le nombre de visites aux urgences de l'HME pour des nourrissons fiévreux âgés de moins de trois mois a diminué de deux tiers, et que la proportion d'IBG dans ce groupe vulnérable a doublé, représentant 20 % des cas. En outre, la proportion d'infections bactériennes invasives (IBI) potentiellement mortelles a triplé au cours de la même période. Ces résultats soulignent l'importance de prendre des précautions supplémentaires avec les nouveau-nés et les jeunes nourrissons fièvreux, alors que les stratégies de santé publique concernant la COVID-19 continuent d'être mises en œuvre.

Une raison fréquente de consultation à l’urgence, une fièvre sans source évidente chez un nourrisson de moins de trois mois est toujours très préoccupante. Les jeunes nourrissons sont vulnérables aux infections parce que leur système immunitaire n’est pas suffisamment développé. Ils obtiennent la majeure partie de leur protection par les anticorps maternels, car ils ont eux-mêmes une faible production d'anticorps. Bien que dans la majorité des cas, les maladies qui provoquent la fièvre sont bénignes et se résorbent d’elles-mêmes, les statistiques des 30 dernières années indiquent qu’on détecte généralement une infection bactérienne grave (IBG) chez environ 10% d’entre eux.

« Le pic d'infections bactériennes graves que nous avons observé pendant la pandémie est préoccupant. Comme il y a moins de virus en circulation en raison des mesures de santé publique, la fièvre est désormais plus souvent le signe d'une infection bactérienne grave », dit le chercheur principal de l’étude, le Dr Brett Burstein, médecin en médecine d'urgence pédiatrique à l’HME et chercheur junior dans le programme en santé de l'enfant et en développement humain à l’Institut de recherche du Centre universitaire de santé McGill (IR-CUSM).

« Environ 2 % de tous les bébés nés à terme sont évalués pour de la fièvre au cours des premiers mois de leur vie, et il existe des variations importantes dans leur prise en charge, explique-t-il. Ces bébés ont souvent peu d’autres symptômes et les médecins veulent éviter les tests invasifs, la prise d’antibiotiques et les hospitalisations inutiles. »

En se fiant aux données cliniques, de laboratoire et de suivi standardisées recueillies pour tous les jeunes nourrissons se présentant à l’urgence de l’HME avec une température rectale de 38°C ou plus, les auteurs de l’étude ont comparé les proportions de IBG et de IBI chez tous les jeunes nourrissons pendant et avant la pandémie. Les infections considérées comme des IBG étaient des infections des voies urinaires, une bactériémie ou une méningite bactérienne; la bactériémie et la méningite bactérienne étaient incluses dans le sous-groupe des IBI.

« Il est crucial que les médecins se montrent prudents et procèdent à des investigations appropriées et que les parents consultent pour les nourrissons présentant de la fièvre, pendant la pandémie encore plus qu'avant », ajoute le Dr Burstein, qui est également professeur adjoint au Département de pédiatrie de l’Université McGill.

Dr. Brett Burstein

Dr. Brett Burstein

À propos de l’étude

L’étude Prevalence of serious bacterial infections among febrile infants 90 days or younger in a Canadian urban predict pediatric emergency department during the COVID-19 pandemic a été réalisée par Brett Burstein, Gregory Anderson et Alexandra Yannopoulos.

DOI:10.1001/jamanetworkopen.2021.16919

https://jamanetwork.com/journals/jamanetworkopen/fullarticle/2781929?resultClick=3    

 

À propos de l’IR-CUSM 

L’Institut de recherche du Centre universitaire de santé McGill (IR-CUSM) est un centre de recherche de réputation mondiale dans le domaine des sciences biomédicales et de la santé. Établi à Montréal, au Canada, l’institut, qui est affilié à la faculté de médecine de l’Université McGill, est l’organe de recherche du Centre universitaire de santé McGill (CUSM) – dont le mandat consiste à se concentrer sur les soins complexes au sein de sa communauté. L’IR-CUSM compte plus de 450 chercheurs et environ 1 200 étudiants et stagiaires qui se consacrent à divers secteurs de la recherche fondamentale, de la recherche clinique et de la recherche en santé évaluative aux sites Glen et à l’Hôpital général de Montréal du CUSM. Ses installations de recherche offrent un environnement multidisciplinaire dynamique qui favorise la collaboration entre chercheurs et tire profit des découvertes destinées à améliorer la santé des patients tout au long de leur vie. L’IR-CUSM est soutenu en partie par le Fonds de recherche du Québec – Santé (FRQS). ircusm.ca 
 
 

Personne-ressource pour les médias

Fabienne Landry
Coordonnatrice des communications, Recherche
Centre universitaire de santé McGill
Fabienne.landry@muhc.mcgill.ca