La moitié des jeunes adultes atteints de diabète de type 2 obtiennent une rémission grâce à l’alimentation et à l’exercice
Des substituts de repas et des entraînements supervisés ont permis à des adultes de moins de 45 ans de renverser leur diabète, tout en préservant leur masse musculaire.
Plus de la moitié des jeunes adultes atteints de diabète de type 2 ont obtenu une rémission de leur maladie après six mois d’un programme combinant un régime hypocalorique et de l’exercice supervisé, selon un essai international mené par ses deux chercheurs principaux désignés, la Dre Kaberi Dasgupta, scientifique principale au sein du Programme de recherche en désordres métaboliques et leurs complications et du Centre de recherche évaluative en santé de l’Institut de recherche du Centre universitaire de santé McGill (l’Institut), et le professeur Tom Yates, de l’Université de Leicester, dans le cadre d’une collaboration Canada–Royaume-Uni soulignant le 100e anniversaire de la découverte de l’insuline.
L’étude RESET for Remission a récemment été publiée dans The Lancet Regional Health – Americas et présentée au congrès annuel de l’Association européenne pour l’étude du diabète (EASD), à Milan. Parmi les 50 jeunes adultes atteints de diabète de type 2 répartis aléatoirement dans le programme intensif d’alimentation et d’exercice, 27 (54 %) ont atteint la rémission, contre seulement 2 sur 46 (4 %) dans le groupe recevant les soins habituels. On parle de rémission lorsque la glycémie redescend sous le seuil utilisé pour diagnostiquer le diabète, sans aucun médicament antidiabétique pendant au moins 12 semaines. Fait important, ces personnes ont aussi tiré d’autres bienfaits majeurs pour leur santé.
Une maladie qui progresse plus vite
Le diabète de type 2 est de plus en plus souvent diagnostiqué avant l’âge de 45 ans. Chez les jeunes adultes, il tend à progresser plus rapidement que lorsqu’il survient plus tard dans la vie, ce qui entraîne des complications plus tôt et réduit l’espérance de vie. Il apparaît aussi à une période où bien des gens bâtissent leur carrière, poursuivent leurs études ou fondent une famille.
Les options pour le renverser sont limitées dans ce groupe d’âge. La chirurgie peut mener à une rémission, mais elle est invasive et difficile d’accès. Les médicaments pour la perte de poids sont utiles, mais on ignore leurs effets après des décennies d’utilisation, et ils ne sont pas recommandés pendant la grossesse. Les régimes hypocaloriques à base de substituts de repas constituent la voie non chirurgicale la mieux établie vers la rémission, mais jusqu’à maintenant, aucun essai ne les avait combinés à un programme d’exercice structuré et supervisé.
Perdre du gras, garder ses muscles
L’essai a recruté 96 adultes de 18 à 45 ans vivant avec le diabète de type 2 et l’obésité à Montréal, à Edmonton et à Leicester. Pendant les 12 premières semaines, les personnes participant au programme consommaient de 800 à 900 calories par jour, principalement sous forme de boissons et de barres substituts de repas, et faisaient de l’entraînement aérobique et musculaire deux fois par semaine sous supervision, et une fois par semaine de façon autonome. Pendant les 12 semaines suivantes, elles sont passées à une alimentation saine, à base d’aliments, conçue pour éviter la reprise de poids, tout en continuant à faire de l’exercice de façon autonome.
En moyenne, elles ont perdu environ 7,5 kg de plus que le groupe recevant les soins habituels. Contrairement à une perte de poids axée sur l’alimentation ou les médicaments, il s’agissait d’une perte de gras sans perte de masse maigre, ce qui leur a permis de conserver leurs muscles. Leur condition physique s’est améliorée d’environ 10 % par rapport à leur poids corporel, leur force de préhension a augmenté, et leur tension artérielle et leur fréquence cardiaque au repos ont diminué : plus en forme, elles pouvaient « en faire plus avec moins ». Elles ont aussi signalé moins de symptômes d’humeur dépressive, moins de détresse liée au diabète et une meilleure qualité de vie. Des effets secondaires précoces comme la constipation, les maux de tête, les étourdissements et la fatigue étaient fréquents, mais se sont estompés, et aucun événement indésirable grave n’a été signalé.
Préserver la masse musculaire était un objectif clé. Une perte de poids rapide obtenue uniquement par un régime se fait souvent aux dépens des muscles autant que du gras, et le poids repris tend à revenir sous forme de gras, une tendance qui peut accroître le risque de fragilité avec le temps.
« Nos résultats démontrent la faisabilité et l’efficacité d’un entraînement aérobique et musculaire structuré combiné à un régime hypocalorique dans le diabète de type 2 à apparition précoce, ce qui appuie son potentiel à procurer des bienfaits importants et globaux pour la santé et le bien-être, en plus de la rémission du diabète », écrit l’équipe de recherche.
Et maintenant ?
Ces taux de rémission se situent dans le haut de la fourchette observée dans des essais similaires, et il s’agit de la première étude à démontrer de tels résultats dans un groupe multiethnique de jeunes adultes. L’équipe de recherche souligne que l’approche pourrait être particulièrement intéressante pour les personnes qui planifient une grossesse ou qui pourraient devenir enceintes.
Des questions demeurent. Comme l’essai ne comportait pas de groupe suivant uniquement le régime, l’équipe ne peut pas encore confirmer que c’est l’exercice qui a permis de préserver la masse musculaire et d’améliorer la condition physique, même si les bienfaits connus de l’exercice le laissent croire. La prochaine étape : une étude plus vaste et de plus longue durée comparant le régime seul au régime combiné à l’exercice, en contexte réel.
« Alors que la prévalence du diabète de type 2 à apparition précoce augmente à l’échelle mondiale, nos résultats offrent l’occasion de revoir les approches thérapeutiques et de favoriser la mise en œuvre à grande échelle d’interventions intégrées combinant alimentation et exercice en vue de la rémission », conclut l’équipe de recherche.
À propos de l’étude
Low energy diet plus supervised exercise vs. usual care alone in people with early-onset type 2 diabetes (RESET for Remission): a randomised, open-label, blinded-endpoint efficacy trial a été publié dans The Lancet Regional Health – Americas. Lire l’étude complète (en libre accès).
L’essai a été mené dans des établissements affiliés à l’Université McGill et à l’Institut (Montréal), à l’Université de l’Alberta (Edmonton) et à l’Université de Leicester (Royaume-Uni).
L’essai a été financé par le Medical Research Council du Royaume-Uni et les Instituts de recherche en santé du Canada, dans le cadre d’une initiative Canada–Royaume-Uni, avec un financement supplémentaire de la John R. McConnell Foundation, au Canada.
Source : L’Institut
Le 23 octobre 2026