Sauvé grâce à une recherche innovante

HISTOIRE DE PATIENT - Serges Bériault

La vie de Serges Bériault a basculé en 2012 alors qu’il a été diagnostiqué d’une forme rare et pratiquement incurable de cancer des voies biliaires du foie. Le père de deux enfants et professionnel actif en voie de compléter un MBA n’aurait jamais pu imaginer qu’une armée de spécialistes du Centre universitaire de santé McGill (CUSM) arriverait, grâce à un protocole de recherche complexe et novateur, à lui sauver la vie.


Serges Bériault et le Dr Zogopoulos

« Quand j’ai reçu mon diagnostic, j’ai dû prendre une décision rapidement. Le type de cancer dont je souffrais était très rare, et mes chances de survie étaient pratiquement nulles, dit Serges. Mes médecins m’ont dit que la seule option de traitement était un nouveau protocole de recherche – un projet de recherche clinique – développé par la Clinique Mayo aux États-Unis.»

 Bien que ce traitement était encore au stade expérimental, Serges a décidé de suivre le protocole au CUSM pour demeurer auprès de sa conjointe et de sa famille. « J’avais aussi confiance en l’équipe clinique de l’Hôpital Royal Victoria (HRV-CUSM) », dit-il.  Serges avait d’abord reçu un diagnostic de cholangite sclérosante primitive (CSP), une maladie où les voies biliaires – petits tubes par lesquels la bile digestive se rend du foie à l’intestin grêle – réduisent graduellement de taille en raison de l’inflammation et de la cicatrisation. Son gastroentérologue l’avait prévenu à l’époque qu’il aurait éventuellement besoin d’une transplantation du foie, mais comme aucune date n’était fixée, il a continué à vivre normalement.

Quelques mois plus tard, une biopsie révélait la mauvaise nouvelle. Serges a appris qu’il avait un cholangiocarcinome hilaire. Cette forme rare de cancer est généralement difficile à traiter parce que les tumeurs se développent là où les canaux biliaires hépatiques gauche et droit se rejoignent, et souvent elles ne peuvent être enlevées chirurgicalement. Serges a été vu immédiatement par le Dr George Zogopoulos, un chirurgien du CUSM spécialisé en chirurgie hépato-pancréato-biliaire et en transplantation, et chercheur au sein du Programme de recherche sur le cancer de l’Institut de recherche du CUSM (IR-CUSM). Ce fut le début d’un long périple.

Un cas nécessitant une expertise de haut niveau

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De gauche à droite, à l’arrière : Dr Jamil Asselah, Beverle Henry (assistante infirmière-chef), Serges Bériault, Dr George Zogopoulos, Dr Peter Ghali; à l’avant : Aspen Gagné (infirmière clinicienne), Chloé Bériault (fille de Serges), Norine Heywood (infirmière clinicienne spécialisée en transplantation), Valerie Cass (infirmière-chef), Nadia Zouari  (infirmière clinicienne).

« Nous ne pouvions pas opérer Serges, parce que le cancer était situé au milieu des voies biliaires et que sa maladie du foie compliquait la situation, explique le Dr Zogopoulos. J’avais un intérêt de recherche pour ce protocole unique en son genre et je savais que nous avions l’expertise au CUSM et à l’Institut de recherche pour le réaliser, même s’il n’y avait jamais encore été complété avec succès ici. Lorsque Serges a choisi de rester à Montréal, nous avons chapeauté le protocole, puis mis sur pied une équipe multidisciplinaire et admis Serges à l’hôpital pour qu’il puisse y recevoir le traitement. »

Serges a dû passer une batterie de tests pour pouvoir participer au protocole. « Ils ont effectué des examens sur mon cœur, mes os, ma vésicule biliaire, mes yeux et ma peau, se rappelle Serges. L’équipe clinique a fait preuve d’un grand professionnalisme et de compassion. Je n’ai jamais senti que j’étais le premier patient à m’engager dans ce protocole de recherche au CUSM. » 

Sur une période de trois mois, plus de 20 professionnels incluant des infirmières, des chirurgiens en transplantation, des oncologues et des radiologues ont travaillé jour et nuit auprès de Serges. Le protocole, qui combine la radiothérapie, la chimiothérapie et une greffe du foie, exigeait de franchir de nouvelles étapes quasi quotidiennement. 

Le Dr Zogopoulos a collaboré avec le Dr Peter Ghali, gastro-hépatologue au CUSM, qui avait acquis une spécialisation en hépatologie et en transplantation du foie à la Clinique Mayo. En plus de travailler avec des experts du CUSM tels les Dr Jamil Asselah, oncologue-médical, Dr David Valenti, radiologue, et Dr Neil Kopek,radio-oncologue, ils étaient en contact régulier avec des chercheurs de pointe à l’étranger pour être bien conseillés sur le cas unique de Serges.

« La clé du succès est non seulement d’avoir l’expertise, mais de permettre aux experts d’interagir fréquemment; c’est la communication qui fait toute la différence », dit le Dr Peter Ghali, qui est aussi chercheur au sein du Programme de recherche en thérapeutique expérimentale et en métabolisme de l’IR-CUSM. « Les mises à jour sur l’état de Serges devaient être réalisées quotidiennement et à un niveau d’expertise très élevé. Il est primordial que l’hôpital soit en mesure de regrouper ces services spécialisés sous un même toit. C’est précisément ce que nous avons en ce moment au Glen, et c’est pourquoi ça a fonctionné. » 

Contre toute attente

Après avoir complété avec succès les traitements de radiothérapie et de chimiothérapie, les docteurs ont dû s’assurer que le cancer de Serges ne s’était pas étendu et il a finalement reçu sa greffe du foie. Serges a malheureusement contracté une infection postopératoire grave, ce qui a prolongé son séjour à l’hôpital.

« J’ai le souvenir d’avoir été très malade dans ma chambre d’hôpital, et le Dr Zogopoulos est revenu durant la fin de semaine pour effectuer une chirurgie d’urgence. Il n’y avait pas de temps à perdre, dit Serges. Pendant qu’on me transportait à la salle d’opération, le personnel clinique applaudissait pour m’encourager. Ce fut un moment très émouvant. Ça m’a donné la force dont j’avais besoin à ce moment-là. »

Serges a séjourné sept mois à l’hôpital. Il a maintenant un foie parfaitement fonctionnel et il est suivi régulièrement par le Dr Zogopoulos pour s’assurer qu’il n’y a pas de récidive du cancer.

« Au Canada, seuls deux centres offrent ce protocole, et le CUSM en est un, ajoute le Dr Ghali. Grâce à ce protocole, le taux de survie peut s’élever à 80 % si le cas est traité assez tôt. Voilà qui est tout à fait remarquable quand on pense qu’auparavant, la personne n’avait aucune chance de survie. »

Selon le Dr Zogopoulos, ce cas est un exemple parfait du type de soins personnalisés au plus haut niveau que nous offrons au CUSM. « Voilà ce que nous sommes : un centre hospitalier universitaire avec le mandat de faire progresser les soins à travers la recherche et l’innovation clinique et en apprenant de chacun de nos patients  tout en mettant en pratique ces innovations,  ajoute le Dr Zogopoulos. À mesure que nous avançons, nous espérons réussir à identifier différents types de cancer et à développer des traitements sur mesure pour venir en aide à plus de patients souffrant de formes rares et complexes du cancer. »

Grâce à l’innovation clinique, l’équipe de spécialistes du CUSM et de l’IR-CUSM a amélioré le protocole de Serges, et depuis lors, une autre patiente diagnostiquée avec le même type de cancer est en train de poursuivre son traitement. Sa rencontre avec Serges a été un élément clé dans sa décision de suivre le protocole.

« En plus d’avoir contribué à faire avancer la recherche sur le cancer, ma plus grande satisfaction est d’avoir pu aider cette jeune femme, et de la revoir souriante récemment lors d’une soirée de levée de fonds », conclut Serges, qui est maintenant en rémission complète du cancer depuis presque trois ans.

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