Mieux vieillir

Une étude canadienne enquête sur les principaux facteurs et défis

Health Outcomes at the RI-MUHCLes Canadiens vivent plus longtemps que jamais, ce qui va donner lieu à un bouleversement démographique sans précédent, tandis que le nombre de personnes de plus de 65 ans explose. L’Étude longitudinale canadienne sur le vieillissement (ÉLCV) se penche sur les conséquences de ce bouleversement. « Nous avons besoin d’en savoir davantage sur le processus de vieillissement », affirme Dre Christina Wolfson, co-chercheure principale de l’ÉLCV, épidémiologiste et scientifique en recherche évaluative en santé à l’Institut de recherche du Centre universitaire de santé McGill (IR-CUSM).

« Par exemple, nous voulons savoir pourquoi certains septuagénaires et octogénaires demeurent vigoureux, tandis que d’autres ont déjà une santé fragile à 65 ans », explique-t-elle. « Nous avons également besoin de données sur la manière dont les gens affrontent les défis liés au vieillissement, tels que la retraite. » Selon la Dre Wolfson, L’ÉLCV est la première grande étude canadienne à se pencher sur les facteurs d’apparition des maladies et des incapacités que les gens développent ainsi que sur les interactions entre les facteurs biologiques, psychologiques, sociaux et les facteurs liés au mode de vie. 

L’étude, qui est la plus ambitieuse du genre à avoir jamais été réalisée au Canada, permettra de suivre 50 000 personnes de 45 à 85 ans pendant une période de 20 ans. Les 20 000 membres de la cohorte de suivi auront une entrevue téléphonique tous les trois ans. Alors que les 30 000 membres de la cohorte complète auront une au domicile  et devront passer une évaluation physique approfondie à l’un des 11 sites de collecte de données du pays, tous les trois ans. L’IR-CUSM, qui  est l’un de ces sites, va traiter les données recueillies auprès de 3 000 participants.

Cette étude s’impose de toute urgence, parce que les politiques actuelles sur le vieillissement et les projections sur l’utilisation des soins de santé reposent sur des études qui sont « obsolètes ». Pourtant, les baby-boomers sont très différents de leurs parents. Par exemple, comme ils ont moins d’enfants et que ceux-ci sont susceptibles de vivre plus loin d’eux, bon nombre disposeront d’un moins grand soutien familial que les générations précédentes tandis qu’ils avanceront en âge.

Les données seront accessibles aux chercheurs dès 2014. « Quiconque présente un intérêt légitime pourra demander d’utiliser les données et L’ÉLCV révisera attentivement toutes les demandes reçues », explique Dre Wolfson. « L’étude bénéficiera à tous les Canadiens. »