Cancer de l'ovaire : dépistage génétique pour toutes les femmes atteintes

On estime que cette année au Canada, 2 600 autres femmes seront diagnostiquées avec cette maladie

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Les gènes BRCA1 et BRCA2 jouent un rôle important dans les cancers héréditaires du sein et des ovaires. La décision prise récemment par l’actrice américaine Angelina Jolie de subir une intervention chirurgicale pour l’ablation de ses ovaires et de ses trompes de Fallope après avoir passé des tests de dépistage génétique a attiré l’attention des médias. Une étude menée par une équipe de l'Institut de recherche du Centre universitaire de santé McGill (IR-CUSM) en collaboration avec  le Centre de recherche du Centre Hospitalier de l'Université de Montréal (CRCHUM) et l’Hôpital général juif, suggère que toutes les femmes atteintes d'un cancer de l'ovaire devraient être testées pour ces gènes, indépendamment de leurs antécédents familiaux. Ces résultats, publiés dans le Journal of Ovarian Research, ont des implications cliniques autant pour le traitement de cette maladie dévastatrice que pour le dépistage des femmes potentiellement à risque.

« Les résultats démontrent qu’il faudrait faire passer des tests de dépistage génétique à toutes les femmes atteintes de la forme la plus commune du cancer de l'ovaire, ce qui aiderait à identifier celles qui portent le même gène dans leurs familles et permettrait aux professionnels de la santé d’offrir à celles-ci des stratégies pour réduire les risques de maladie », explique l'auteure principale de l’étude, la Dre Patricia Tonin, directrice associée du Programme de recherche sur le cancer au Centre de biologie translationnelle (CBT) de l'IR-CUSM. « Pour l’instant, on fait passer des tests de dépistage génétiques seulement aux femmes ayant des antécédents familiaux de cancer du sein et de l'ovaire et si elles ont les mutations BRCA1 ou BRCA2, on leur offre des stratégies de prévention du cancer pour réduire leurs risques de contracter ces cancers. »


Dr. Patricia Tonin

Dans leur étude, la Dre Tonin et ses collègues ont examiné plus de 400 échantillons de tissus d'une population unique de Québécoises atteintes du cancer de l'ovaire qui n’avaient pas d’antécédents familiaux sur cette maladie. L'analyse a démontré que 19 pour cent des femmes atteintes de la forme la plus commune et la plus mortelle du cancer de l'ovaire étaient porteuses des mutations BRCA1 et BRCA2, ce qui est considérablement plus élevé que les estimations précédentes, qui étaient de 4 à 11 pour cent.  

« Les femmes qui portent une mutation de l’un des gènes BRCA sont à plus haut risque de contracter le cancer des ovaires au cours de leur vie », explique la Dre Tonin, qui est aussi professeure aux départements de médecine et de génétique humaine de l’Université McGill et qui a codécouvert ces gènes. « Nous pourrions leur offrir des stratégies de prévention, comme le retrait des ovaires et des trompes Fallope, ce qui demeure la seule méthode éprouvée et efficace pour réduire le risque de développer un cancer de l'ovaire. Compte tenu du risque et de la létalité du cancer de l'ovaire, il est essentiel d'identifier les femmes qui sont porteuses de ces mutations génétiques héritées et, pour l’instant, le dépistage génétique est notre seule option ».

La réussite du traitement de la maladie serait également associée aux mutations des gènes BRCA. « Plusieurs des thérapies contre le cancer de l’ovaire utilisées en ce moment ne sont pas efficaces à long terme », ajoute la Dre Tonin. « Toutefois, de nouveaux essais cliniques démontrent que les femmes atteintes d'un cancer de l'ovaire qui portent ces mutations BRCA répondent très bien à certains nouveaux traitements. Ces résultats confirment qu’il faudrait faire passer des tests de dépistage génétiques à toutes les femmes atteintes d'un cancer de l'ovaire, ce qui n’est en ce moment pas la norme en soins de santé. Nous devons informer les femmes des avantages liés à cette option. »

À propos du cancer des ovaires 

Actuellement, 17 000 canadiennes vivent avec le cancer de l'ovaire. On estime que cette année au Canada, 2 600 autres femmes seront diagnostiquées avec cette maladie. Le cancer de l'ovaire est le cinquième cancer le plus fréquent chez les femmes et le plus mortel.

 

Collaborateurs 

L’article “A targeted analysis identifies a high frequency of BRCA1 and BRCA2 mutation carriers in women with ovarian cancer from a founder population” a été coécrit par Moria H. Belanger et Lena Dolman de l’Université McGill; Suzanna L. Arcand de l’IR-CUSM, Zhen Shen et George Chong de l’Hôpital général juif; Anne-Marie Mes-Masson et Diane Provencher du Centre de recherche du Centre Hospitalier de l'Université de Montréal et de l’Institut du cancer de Montréal; et Patricia N. Tonin de l’IR-CUSM et de l’Université McGill. 

 

Financement 

Ces travaux ont été financés par la Société de recherche sur le cancer, et en partie par le Fonds de recherche du Québec‒Santé, l’IR-CUSM, la Faculté de médecine de l’Université McGill, Cancer de l’ovaire Canada, et les Instituts de recherche en santé du Canada. 

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