Des chercheurs de l'IR-CUSM découvrent une nouvelle voie pour empêcher la propagation des métastases

Cette découverte aura un effet immédiat sur la vie des patients atteints d’un cancer du côlon métastasé dans le foie

Des chercheurs de l’Institut de recherche du Centre universitaire de santé McGill (IR-CUSM) et du Institute of Cancer Research, London (UK), ont découvert que les cellules cancéreuses peuvent se développer et se propager grâce aux vaisseaux sanguins déjà présents dans la corps. Cette découverte, publiée dans la revue Nature Medicine, améliorera immédiatement la vie et le pronostic des patients atteints d’un cancer du côlon métastasé dans le foie. L’équipe de chercheurs poursuit ses efforts pour mieux comprendre les mécanismes à la base de cette découverte, afin de mettre au point de nouveaux traitements ciblés qui empêcheront la progression du cancer.

Le cancer est souvent traité par l’ablation chirurgicale de la tumeur. Cependant, jusqu’à la moitié des patients opérés à cause d’un cancer du côlon développent des métastases hépatiques. Celles-ci se forment lorsque les cellules cancéreuses se détachent du site primaire de la tumeur, pénètrent dans le sang et se propagent dans d’autres parties de l’organisme. En général, c’est ce type de récurrence du cancer qui est fatal pour les patients.

Dr. Metrakos

Dr. Metrakos

« Le cancer métastatique est plus difficile à traiter qu’un cancer primaire. En effet, environ 80 % des patients atteints d’un cancer du côlon chez qui on diagnostique des métastases dans le foie sont inopérables, explique le docteur Peter Metrakos, auteur principal de l’étude et directeur du Programme de transplantation d’organes du CUSM ainsi que de la chirurgie hépatobiliopancréatique. La chimiothérapie prolonge la vie de ces patients, mais ne peut pas les guérir. Si on pouvait bloquer la propagation des métastases ainsi que les traiter une fois qu’elles se sont développées, nous aurions de meilleures chances de guérir les patients. »

Dans une tentative pour stopper les métastases, la communauté scientifique a porté ses efforts sur l’angiogenèse, un mécanisme bien connu par lequel les cellules cancéreuses induisent la production de nouveaux vaisseaux sanguin pour mieux proliférer. Depuis dix ans, des chercheurs ont développé des médicaments, appelés des anti-angiogéniques, qui ciblent ce processus. Il semblait évident qu’en empêchant la tumeur d’avoir accès au sang, la tumeur se développerait plus lentement voire mourrait  complètement, mais ces médicaments n’ont pas eu les résultats escomptés.

« Nos recherches ont révélé qu’environ 40 % à 45 % des tumeurs dérivent leur apport sanguin des nouveaux vaisseaux sanguins, tandis que 40 % à 45 % l’obtiennent grâce à des vaisseaux sanguins déjà présents dans le foie, explique le docteur Metrakos. Nous pensions que les tumeurs suscitaient toujours la formation de nouveaux vaisseaux sanguins, mais dans certains cas, le processus est un peu plus sournois : les cellules cancéreuses encerclent les vaisseaux sanguins déjà dans le foie pour obtenir le sang dont elles ont besoin. Nous devons sélectionner et développer le bon traitement pour nos patients; nous devons personnaliser la médecine. »

L’équipe du docteur Metrakos a également amorcé des travaux sur d’autres tumeurs solides. Des recherches plus approfondies s’imposent, mais d’après les données préliminaires, cette même découverte pourrait contribuer à bloquer d’autres tumeurs, comme celles qui sont responsables du cancer du cerveau, du cancer du poumon, des carcinomes à cellules rénales et de bien d’autres cancers.

 

À propos de l’étude

L’étude, "Vessel co–option mediates resistance to anti–angiogenic therapy in liver metastases" a été coécrite par Sophia Frentzas, Eve Simoneau, Victoria L. Bridgeman, Peter B. Vermeulen, Shane Foo, Eleftherios Kostaras, Mark Nathan, Andrew Wotherspoon, Zu–hua Gao, Yu Shi, Gert Van den Eynden, Frances Daley, Clare Peckitt, Xianming Tan, Ayat Salman, Anthoula Lazaris, Patrycja Gazinska, Tracy J. Berg, Zak Eltahir, Laila Ritsma, Jacco Van, Rheenen, Alla Khashper, Gina Brown, Hanna Nystrom, Malin Sund, Steven Van Laere, Evelyne Loyer, Luc Dirix, David Cunningham, Peter Metrakos, Andrew R. Reynolds.

 

À propos de l’IR-CUSM

L’Institut de recherche du Centre universitaire de santé McGill (IR-CUSM) est un centre de recherche de réputation mondiale dans le domaine des sciences biomédicales et de la santé. Établi à Montréal, au Canada, l’Institut, qui est affilié à la faculté de médecine de l’Université McGill, est l’organe de  recherche du Centre universitaire de santé McGill (CUSM) – dont le mandat consiste à se concentrer sur les soins complexes au sein de sa communauté. L’IR-CUSM compte plus de 460 chercheurs et près de 1 300 étudiants et stagiaires qui se consacrent à divers secteurs de la recherche fondamentale, de la recherche clinique et de la recherche en santé évaluative aux sites  Glen et à l’Hôpital général de Montréal du CUSM. Ses installations de recherche offrent un environnement multidisciplinaire dynamique qui favorise la collaboration entre chercheurs et tire profit des découvertes destinées à améliorer la santé des patients tout au long de leur vie. L’IR-CUSM est soutenu en partie par le Fonds de recherche du Québec – Santé (FRQS). ircusm.ca

 

À propos du programme de recherche sur le cancer

Le programme de recherche sur le cancer (PRC) comporte 30 chercheurs dont 10 cliniciens en soins pour le cancer  qui ont une expertise collective en science et en recherche translationelle. Les chercheurs principaux supervisent présentement 151 étudiants aux cycles supérieurs de plusieurs départements de l’Université McGill (CUSM).

La principale force du PRC, situé sur le site Glen du Centre universitaire de santé McGill, est la BanqueBio Maladies du foie CUSM. Les données recueillies grâce à cette banque sont utilisées par des collaborateurs nationaux et internationaux.