L’infertilité, et pas seulement les traitements, pourrait avoir une incidence sur l’issue des naissances, selon une étude portant sur 1,4 million de naissances
SOURCE: ICES
L’infertilité se définit comme l’incapacité de concevoir après 12 mois de relations sexuelles régulières et non protégées. Toutefois, certaines personnes aux prises avec l’infertilité parviennent à concevoir sans avoir recours à des traitements de fertilité. Selon une nouvelle étude menée par ICES, l’Université Queen’s et l’Institut de recherche du Centre universitaire de santé McGill (l’Institut), les bébés nés de personnes aux prises avec l’infertilité présentent un risque accru d’anomalies congénitales comparativement à ceux issus d’une conception sans assistance médicale.
Dans le cadre de cette étude portant sur 1 415 324 naissances, 1 185 299 enfants ont été conçus sans assistance médicale, tandis que 230 025 sont nés de femmes aux prises avec l’infertilité qui n’avaient pas eu recours à un traitement de fertilité. La prévalence des anomalies congénitales s’élevait à 5,3 % chez les enfants issus d’une conception sans assistance médicale, comparativement à 5,9 % chez ceux du second groupe. Parmi les anomalies observées figuraient notamment les fentes palatines, les malformations cardiaques et les malformations rénales.
Les résultats indiquent que, bien que le risque d’anomalies congénitales demeure faible, il est plus élevé chez les enfants nés de femmes aux prises avec l’infertilité qui ont conçu sans avoir recours à un traitement de fertilité.
« Notre intention n’est pas d’alarmer les futures mères. Il s’agit plutôt d’examiner comment les causes sous-jacentes de l’infertilité — comme l’endométriose, le syndrome ovarien métabolique polyendocrinien (SOMP, anciennement appelé syndrome des ovaires polykystiques ou SOPK), les facteurs paternels et d’autres causes — peuvent influer sur le développement du fœtus. Les recherches futures pourront ainsi permettre de mieux comprendre les mécanismes biologiques qui sous-tendent ces associations et de cerner des pistes pour améliorer la santé des mères et des enfants », explique Bailey Milne, auteure principale de l’étude et doctorante à ICES.
Des études antérieures ont comparé les grossesses résultant de traitements de fertilité à celles issues d’une conception sans assistance médicale, sans toutefois distinguer les effets des traitements de ceux des causes sous-jacentes de l’infertilité sur le risque d’anomalies congénitales. Or, les problèmes de santé reproductive qui amènent certaines personnes à recourir à des traitements de fertilité pourraient eux-mêmes influer sur ce risque. Par exemple, l’endométriose est une cause bien établie d’infertilité, et des travaux récents de notre équipe suggèrent qu’elle pourrait également être associée à un risque accru d’anomalies congénitales chez les enfants.
« Alors que la proportion de naissances résultant du recours aux technologies de procréation assistée continue d’augmenter, les études visant à évaluer l’innocuité des technologies de fertilité existantes et émergentes devraient comparer ces grossesses à celles de personnes aux prises avec l’infertilité qui ont conçu sans avoir recours à un traitement de fertilité », ajoute la Dre Maria Velez, auteure principale de l’étude, scientifique à L’Institut et professeure agrégée au Département d’obstétrique et de gynécologie de la Faculté de médecine et des sciences de la santé de l’Université McGill.
L’étude intitulée « Infertility and risk of congenital anomalies: a population-based cohort study » est publiée dans le numéro d’août de la revue Paediatric and Perinatal Epidemiology.