L'espoir, un droit humain

Comment les 30 ans d’expérience d’une travailleuse sociale auprès de patients séropositifs ont façonné sa vision du monde

« J’ai comme philosophie de toujours prévenir les souffrances inutiles, et c’est une chose à laquelle j’ai beaucoup réfléchi. » Bon nombre de ses collègues partagent la philosophie de la travailleuse sociale Claire Duchesneau. Après plus de 30 ans de travail auprès de personnes séropositives au service des maladies virales chroniques (SMVC) de l’Hôpital Royal Victoria, dont 20 passés auprès de réfugiés, ses valeurs demeurent ancrées dans son travail, jour après jour.

Claire Duchesneau

Claire Duchesneau

L’équipe du SMVC suit des patients atteints du VIH depuis le début des années 1980, mais depuis 20 ans, elle a acquis une expertise auprès des réfugiés séropositifs. Le service suit plus de 2 000 patients ambulatoires. Depuis l’été dernier seulement, la clinique a reçu plus de 120 nouveaux demandeurs d’asile, et cette population de patients représente 30 % des patients actuels.

« Dans nos fonctions de travailleurs sociaux à la clinique, nous offrons des thérapies de soutien et des conseils en cas de crise, explique-t-elle. Il est très important que mon collègue Pedro Mejia et moi rencontrions les demandeurs d’asile, que nous comprenions leur histoire et la nature de leur traumatisme. »

Le syndrome de stress post-traumatique, l’anxiété, la dépression et l’humiliation sont de lourds fardeaux que portent de nombreux patients de Claire et Pedro. Ces personnes ont souvent été victimes de crimes haineux et de violations des droits de la personne, tels que des viols ou des crimes de guerre. Claire travaille avec les patients non seulement pour les aider à comprendre qu’il y a une vie après un diagnostic de séropositivité grâce à l’efficacité des médicaments antirétroviraux, mais également pour s’assurer qu’ils entrevoient un avenir au Canada et aient envie de le bâtir.

C’est très difficile, car ces patients sont aux prises avec d’énormes obstacles liés à leur santé et à leur situation socioéconomique. Pour Claire, c’est un travail qui exige de la flexibilité, qu’il s’agisse d’accéder à l’information relative au statut d’immigration ou d’établir des liens avec des membres de la communauté qui pourront aider les patients à se trouver de la nourriture, un logement, un emploi et un groupe d’entraide.

« Pendant une journée ordinaire, je travaille avec des avocats, des partenaires communautaires et mon équipe d’ici, à essayer de résoudre un problème, un enjeu, un obstacle à la fois. »

« Leurs histoires se poursuivent, et au fil des ans, ils affrontent de nouveaux défis. Le parcours qu’on vit avec ces patients atteints du VIH, ce sont des récits dont on est témoin sur une longue période. C’est un peu comme lire un roman qui englobe plusieurs générations. Ils vous perçoivent comme un membre de leur famille élargie. Je n’ai qu’à penser au nombre de patients qui m’appellent maman! », ajoute-t-elle.

« Quand leurs enfants arrivent au Canada et qu’on rencontre ces personnes dont on a entendu parler depuis des années, c’est tout à fait incroyable. Les gens ne se rendent pas compte à quel point nos patients nous aident, nous inspirent. Ils sont tellement déterminés à survivre, à s’épanouir, à mener une vie avec leurs enfants où ils se sentiront en sécurité, mangeront à leur faim et seront éduqués et libres. »

C’est un effort d’équipe massif, et comme Claire l’explique, la cohésion de l’équipe est l’un des aspects qui influence son travail. Toute l’équipe clinique du SMVC, des médecins aux pharmaciens en passant par les infirmières et le personnel administratif, collabore comme une machine bien huilée, dépassant toutes les exigences de leurs fonctions pour leurs patients.

Claire et son équipe ont récemment participé à la Soirée ruban rouge organisée par la Fondation du Centre universitaire de santé McGill, qui a permis d’amasser au-delà de 22 000 $ pour le fonds de soins aux patients destiné à aider ceux qui arrivent souvent au pays sans autre bagage que les vêtements qu’ils ont sur le dos. Comme l’explique Claire, une chose aussi simple que de les aider à acheter des billets d’autobus pour se rendre aux rendez-vous peut être utile. Les services sociaux ont également organisé une collecte de vêtements d’hiver l’an dernier, afin de répondre aux besoins des demandeurs d’asile.

« Nous n’avons pas toujours été bien préparés à aider les demandeurs d’asile. On a appris sur le tas. On y est parvenu par essais et erreurs, en suivant des formations et en invitant des experts à venir nous parler, et nous continuons d’apprendre, un patient à la fois. Chaque nouvelle personne qui arrive dans l’équipe partage les mêmes valeurs : chaque personne compte. Chaque vie est importante. »

 

Pour en savoir plus sur le fonds des soins aux patients, visitez le site :

https://muhcf.akaraisin.com/Donation/Event/DonationInfo.aspx?seid=15262&mid=48

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