Un patient se fait tatouer les lettres HGM et les initiales de ses médecins

Normand Dubé, un rescapé d’un cancer de l’œsophage, reconnaissant pour les soins reçus au CUSM

Au printemps 2009, Normand Dubé a été diagnostiqué d’un cancer avancé de l’œsophage. Il a réussi à garder le moral durant ses traitements. Comment y est-il parvenu? En bonne partie grâce à son attitude empreinte d’optimisme, d’humour et de gratitude.

Normand Dube
Normand Dubé arbore son tatouage dans lequel on peut lire le prénom de sa femme, Sylvie, les initiales de ses médecins, Lorenzo Ferri et Thierry Alcindor, ainsi que le sigle de l’Hôpital général de Montréal.
 

Lors de sa première rencontre avec M. Dubé, Dr Lorenzo Ferri, chef de la Division de chirurgie thoracique à l’Hôpital général de Montréal (HGM) du Centre universitaire de santé McGill (CUSM), a présenté les options de traitement et a précisé qu’il s’agissait d’un cancer avancé et qu’une personne sur trois avait des chances de survivre cinq ans à ce type de cancer. M. Dubé lui a répondu, tout de go : « Ce n’est pas une très bonne moyenne. Vous devriez m’accepter comme patient. Je vais la faire augmenter! » 

Les mois qui ont suivi n’ont pas été faciles. Entre chaque traitement de chimiothérapie, M. Dubé perdait de 15 à 20 livres. « Je n’avais pas d’appétit, mais mon épouse veillait à mon alimentation, car je devais reprendre du poids pour être assez fort pour la chirurgie. » Il ajoute, avec un léger tremolo dans la voix : « J’étais très irritable. Mon épouse a eu une patience d’ange avec moi et je la remercie encore. »

Après sa chirurgie, en septembre 2009, M. Dubé a été hospitalisé à l’unité de chirurgie thoracique de l’HGM durant neuf jours. Là encore, il a trouvé le moyen de rire et de faire rire. « Une fois, j’avais pris un gant de chirurgien et je me promenais dans le couloir en faisant la poule. J’avais un drain dans le poumon, une sonde, un soluté, des tubes dans les narines…Mais je me promenais et je faisais rire les autres. Ça leur faisait du bien et à moi aussi. » 

« J’ai été tellement bien pris en charge », dit-il sur une note plus sérieuse. « J’ai trouvé le personnel formidable! » Il ajoute avoir apprécié la ponctualité du Dr Thierry Alcindor, l’oncologue qui le suivait à l’HGM, et que Dr Ferri est allé le voir 9 jours de suite. « Je n’en revenais pas! », s’exclame-t-il. Même les repas ont impressionné M. Dubé. 

En reconnaissance du soutien et des soins qu’il a reçus, M. Dubé s’est fait tatouer le prénom de sa femme, Sylvie, les initiales de ses médecins, Lorenzo Ferri et Thierry Alcindor, ainsi que le sigle de l’Hôpital général de Montréal. Aujourd’hui, cinq ans plus tard, Dr Ferri croit que le cancer de M. Dubé est probablement en complète rémission. 

Lorsqu’on lui demande d’où lui vient cette capacité à voir le bon côté des choses, M. Dubé répond « C’est sûr que je me suis forcé parfois à me montrer optimiste pour ne pas inquiéter mes proches. Mais j’ai toujours été fonceur et je me suis toujours rappelé qu’il y avait des personnes dans le monde qui souffraient plus que moi. Ou bien je m’apitoyais sur mon sort, ou bien je me disais que j’allais passer au travers. » Puis il a ajouté « Je ne pouvais pas guérir le bobo, je ne suis pas médecin…. La seule chose que je pouvais gérer, c’est mon attitude. Et J’ai été assez chanceux pour être soutenu par la meilleure équipe de soins! »