Jenny Gaboury : mieux comprendre pour mieux soigner

Une approche centrée sur la personne pour améliorer les soins gériatriques
Infirmière en pratique avancée à l’Hôpital de Lachine, Jenny Gaboury a fait de la gériatrie son principal champ d’expertise. Elle adopte une approche de soins centrés sur la personne puis cherche à comprendre ce qui se trouve derrière les comportements pour adapter les interventions, soutenir les équipes et améliorer les soins aux personnes âgées. « Prendre le temps de bien connaître la personne devant moi est une étape primordiale pour donner les meilleurs soins» nous dit-elle.
Pour approfondir cette expertise, Jenny a complété deux diplômes en 2026. Un certificat en gériatrie ainsi que le nouveau programme Symptômes comportementaux dans les troubles neurocognitifs majeurs chez les adultes. Elle en est la toute première finissante. « Les troubles neurocognitifs représente un champ d’expertise qui me fascine », explique-t-elle.
Cette formation lui a notamment permis d’approfondir sa compréhension des symptômes psychologiques et comportementaux associés à la démence et des interventions permettant de mieux les prendre en charge.
Mieux comprendre les comportements liés à la démence pour adapter les soins
À Lachine, cette expertise se traduit notamment par une approche qui privilégie les interventions non pharmacologiques. Depuis avril 2026, Jenny a implanté, au CHSLD Camille-Lefebvre, un comité multidisciplinaire consacré aux symptômes comportementaux et psychologiques de la démence (SCPD).
Le comité se réunit mensuellement et peut être mobilisé lorsqu’une situation particulièrement complexe se présente. Il contribue à élaborer des plans d’intervention personnalisés et à soutenir les équipes dans la prise en charge de patients présentant des comportements difficiles. Le projet est maintenant appelé à s’étendre davantage, avec son déploiement au secteur hospitalier de Lachine.
Cette expertise répond à un besoin bien réel. Plusieurs personnes âgées hospitalisées vivent avec des troubles neurocognitifs et sont en attente d’une place en hébergement. Dans ce contexte, mieux comprendre les comportements et intervenir de façon adaptée peut faire une différence importante dans leur expérience de soins.
Jenny en a fait l’expérience auprès d’une patiente atteinte de démence qui, sans famille pour l’accompagner, présentait notamment des épisodes d’errance.
Jenny a travaillé avec l’équipe pour mieux comprendre ses besoins et essayer différentes stratégies : aromathérapie, massage des mains, écoute de musique et autres interventions adaptées à la personne. Les comportements ont diminué et l’équipe a développé de meilleurs repères pour y répondre.
« Il faut essayer de comprendre ce que le comportement veut nous dire », résume-t-elle.
Une expertise infirmière au service des équipes de soins
Dans son rôle d’infirmière en pratique avancée, Jenny consacre environ 20 % de son temps aux soins directs. Le reste de ses activités porte sur l’amélioration des pratiques, le leadership, la formation et la recherche organisationnelle. Elle demeure disponible pour offrir son appui aux équipes confrontées à des situations complexes.
Elle considère d’ailleurs que le vieillissement de la population et le manque de ressources représentent des défis importants pour les soins gériatriques. Pour elle, le développement de l’expertise et le partage des connaissances deviennent donc essentiels.
Son engagement s’étend à l’ensemble du CUSM. Vice-présidente du Conseil des infirmières et infirmiers, elle souhaite notamment renforcer le sentiment d’appartenance et la place de Lachine au sein du CUSM. Elle fait également partie du comité d’innovation infirmière qui chapeaute les nouveaux projets à l’échelle des différents sites.
Son engagement se poursuit aussi à l’extérieur du CUSM : elle siège au comité scientifique de l’Association québécoise des infirmières et infirmiers en gérontologie et au Comité national sur la prestation des services de santé et des services sociaux en langue anglaise, qui conseille le ministre de la Santé sur l’accessibilité de ces services.
Contribuer à l'avenir des soins infirmiers à l'Hôpital de Lachine
Après avoir vécu le déménagement de l’Hôpital Royal Victoria vers le site Glen, Jenny s’apprête maintenant à participer à une nouvelle étape de transformation à Lachine, avec l’ouverture prévue du nouvel agrandissement de l’hôpital en 2027. Elle a notamment collaboré à l’établissement des meilleures pratiques pour les soins palliatifs qui y seront offerts.
Pour Jenny Gaboury, la pratique infirmière avancée consiste ainsi à conjuguer expertise clinique, compréhension de la personne, soutien aux équipes et amélioration des pratiques. Une approche particulièrement précieuse lorsqu’il s’agit de prendre soin de personnes dont les comportements peuvent être difficiles à comprendre, mais qui expriment néanmoins un besoin : celui d’être écoutées, comprises et accompagnées.