Une gestionnaire des soins critiques tournée vers l’avenir

Gestionnaire en soins infirmiers à L’Hôpital de Lachine depuis maintenant quatre ans, Stéphanie Rose Di Nunzio connaît bien le terrain. Après avoir occupé plusieurs postes cliniques, notamment à l’Hôpital général de Montréal, elle dirige aujourd’hui les soins critiques, soit l’urgence et les soins intermédiaires.

Pour elle, l’agrandissement de l’hôpital marquera un véritable tournant. « L’agrandissement va changer la donne complètement. Non seulement le nombre de chambres augmentera, mais la conception même du bâtiment – pensée pour répondre aux pratiques contemporaines – aura un impact direct sur la qualité des soins ».

Les chambres seront toutes privées et dotées d’une ventilation conforme aux standards les plus récents, ce qui contribuera à réduire les risques d’infections nosocomiales. Les espaces cliniques ont également été conçus pour favoriser le travail interdisciplinaire : médecins, infirmières et infirmiers, infirmières et infirmiers auxiliaires, PAB et autres professionnels disposeront enfin de l’espace nécessaire pour collaborer efficacement.

Une fine analyse des espaces

Les flux de déplacement quotidiens ont été analysés dans le cadre d’ateliers Lean ayant mené à la conception des plans. Les espaces de rangement ont été soigneusement réfléchis – une amélioration notable par rapport aux anciennes configurations hospitalières, souvent marquées par le manque d’espace et l’encombrement des corridors. À l’ouverture de la nouvelle aile, ces irritants feront partie du passé.

Une urgence repensée pour la sécurité et l’efficacité

La salle d’attente de l’urgence bénéficiera elle aussi d’améliorations majeures. Le poste de sécurité, l’accueil et les deux salles de triage auront une vue directe sur les usagers, renforçant ainsi la sécurité et la fluidité des opérations.

En plus du poste infirmier central, les soins intermédiaires seront dotés de mini-postes pour chaque paire de chambres. Cette configuration permettra au personnel infirmier de surveiller de près les cas complexes tout en poursuivant ses autres responsabilités cliniques.

Les usagers profiteront également d’un environnement plus lumineux et apaisant : un long corridor d’attente, situé face aux locaux des civières, sera bordé d’une vaste baie vitrée donnant sur le parc. Bref, l’équipe attend le déménagement avec impatience.

Recruter, former et fidéliser

Dès son arrivée en poste, Stéphanie Rose a misé sur la relève : « La première chose que j’ai faite a été d’accueillir davantage d’étudiants et d’étudiantes. Aujourd’hui, plusieurs d’entre eux souhaitent revenir travailler avec nous. »

L’appartenance au CUSM et le statut de centre universitaire constituent des atouts importants. Les liens étroits avec McGill et d’autres institutions d’enseignement, dont plusieurs cégeps de la région, favorisent le recrutement et la formation d’une nouvelle génération de professionnels.

« Nous sommes en train de bâtir une équipe solide, et je suis heureuse de constater sa grande stabilité. Nous mettons un accent particulier sur la conciliation travail-famille, et c’est très apprécié. » À l’urgence, il n’y a pas eu de temps supplémentaire obligatoire depuis environ trois ans – un fait dont elle est particulièrement fière.

Stéphanie Rose décrit son style de gestion comme participatif. « Bien sûr, j’ai un rôle hiérarchique, mais au quotidien, c’est du donnant-donnant. L’équipe est impliquée dans les décisions. On parle de gestion du stress, le respect est non négociable, on encourage l’autonomie et on protège notre climat de travail. Valoriser la vie personnelle permet d’offrir les meilleurs soins. »

Cette gestion de proximité, partagée avec ses assistantes, favorise une forte adhésion aux décisions et une cohésion d’équipe durable.

Un attachement profond à l’hôpital

Le parcours n’a pas toujours été simple. L’hôpital a même dû fermer temporairement son urgence à un certain moment. Avec le recul, Stéphanie Rose voit dans les émotions suscitées par cette période d’incertitude la preuve de l’attachement profond des équipes envers leur hôpital.

En fin de journée, après un quart bien rempli, elle rentre chez elle – à cinq minutes de marche seulement. Une proximité qui reflète bien son engagement : professionnel, mais aussi profondément humain et ancré dans sa communauté.