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Journée mondiale de la tuberculose : Mettons-y fin

Une patiente, que nous nommerons Sophie* (nom fictif pour préserver l’anonymat), finissait sa période de quarantaine à la suite d’un diagnostic positif à la COVID-19 au mois de juin 2020, lorsqu’une toux et une difficulté à respirer se sont intensifiées : « J’ai pensé au début que c’était des effets secondaires de la COVID, indique-t-elle, mais les tests sont revenus négatifs. J’étais donc guérie de la COVID, mais visiblement, j’avais encore des problèmes respiratoires. Après plusieurs examens à l’hôpital, le diagnostic de la tuberculose (TB) est tombé. »

Pour l’heure, il n’y a pas de données indiquant qu’il peut y avoir un lien entre la COVID et la TB, même si ces dernières sont deux maladies infectieuses qui s’en prennent principalement aux poumons. La tuberculose est causée par un agent infectieux nommé Mycobacterium Tuberculosis. Environ 90 % des personnes infectées par la tuberculose ne développent pas la maladie. C’est ce qu’on appelle une infection tuberculeuse latente. Les personnes qui tombent malades souffrent de la tuberculose active et deviennent contagieuses, si elles ne sont pas traitées.

Des 130 cas dénombrés en moyenne par année dans la grande région de Montréal, 40% sont traités à l’Institut thoracique de Montréal (ITM) du Centre universitaire de santé McGill (CUSM), dont l’expertise est reconnue partout dans le monde.

La tuberculose n’a pas disparu

En arrêt de travail depuis plusieurs mois, Sophie est reconnaissante des soins reçus à l’ITM et reprend du mieux, malgré la fatigue.

« Mes poumons étaient en mauvais état, j’aurais pu en mourir. À part l’essoufflement à l’effort et les épisodes de vertige, je ne tousse presque plus. J’ai encore des sécrétions, mais il faut bien que les poumons se nettoient. Je remercie toutes les équipes de l’ITM, qui ont pris soin de moi pendant cette période. En cette journée mondiale de la tuberculose, il est important que les gens sachent que la maladie existe encore et qu’elle n’est pas disparue. »

Une maladie meurtrière à éradiquer

La tuberculose est la maladie infectieuse la plus mortelle à l’échelle mondiale. Elle est traitable, mais comme tous les cas ne sont pas détectés, elle continue à sévir, principalement dans des pays qui ne disposent pas des moyens et des infrastructures pour en limiter la propagation.

« Bien qu’il existe des traitements pour la tuberculose, celle-ci fait environ 1,5 million de morts chaque année, ce qui représente plus de la moitié du nombre de morts attribués à la COVID-19 au cours de la dernière année, » dit le chercheur Dick Menzies, directeur du Centre international de TB de McGill et clinicien à l’ITM.

Basé à l’Institut de recherche du CUSM, le Centre international de TB de McGill rassemble plus de 20 chercheurs ayant une expertise en sciences fondamentales, en recherche clinique ainsi qu’en santé publique et mondiale. Les recherches du Centre ont eu une influence directe sur plusieurs politiques nationales et de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) en matière de diagnostic et de traitement de la tuberculose.

Un financement important des CDC pour la recherche

Dr. Menzies

Le Dr Menzies, qui détient également la Chaire de recherche du Canada en recherche sur la tuberculose (niveau 1) s’est récemment vu octroyer un financement de 13.5 millions de dollars américains des Centers for Disease Control and Preventions (CDC), aux États-Unis, afin de mener des essais cliniques dans le but de trouver des traitements plus efficaces, plus économiques et plus courts.

« Il y a deux ans, le traitement pour la tuberculose latente était de neuf mois, et nous sommes parvenus à le faire passer à quatre mois. Depuis, le taux d’abandon du traitement, qui est très élevé, a diminué de moitié. Nous souhaitons le raccourcir encore, et nous menons présentement des essais sur des traitements de deux mois et de six semaines, » explique le Dr Menzies.

Au cours des dernières années, la tuberculose a évolué et est devenue plus résistante aux traitements, sans toutefois devenir plus contagieuse. En ce sens, elle demeure une menace pour l’humanité. Tant qu’elle n’est pas éradiquée, il est impossible de prévoir son évolution.

« La pandémie de COVID-19 a démontré à quel point nous demeurons vulnérables aux maladies infectieuses, et à quel point nous pouvons trouver des solutions quand on s’en donne les moyens, » conclut le Dr Menzies, qui s’est lui-même attelé à la recherche sur la COVID-19 au cours de la dernière année. « Je suis sûr que nous pourrions éradiquer la tuberculose en une décennie si nous disposions de ressources aussi importantes que celles qui ont été consacrées à COVID-19. »