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Une stratégie de test pourrait-elle raccourcir l'isolement des travailleurs de la santé après une exposition non protégée à un cas confirmé de COVID-19 ?

Dr Benjamin Smith, scientifique et directeur adjoint du Centre de recherche évaluative en santé (CRES)
Dr Benjamin Smith, scientifique et directeur adjoint du Centre de recherche évaluative en santé (CRES) de l'Institut de recherche du Centre universitaire de santé McGill (IR-CUSM) - Crédit photo : Owen Egan

Une étude de l'IR-CUSM suggère que des tests appropriés pourraient faire passer l'isolement de 14 à 7 jours

La deuxième vague de COVID-19 exerce une pression énorme sur le système de santé. Au moment où nous avons le plus besoin de nos travailleurs de la santé, le retrait du personnel de première ligne pendant deux semaines suivant une exposition à haut risque à la COVID-19 met une pression supplémentaire sur le système. Le Dr Benjamin Smith, scientifique et directeur adjoint du Centre de recherche évaluative en santé (CRES) de l'Institut de recherche du Centre universitaire de santé McGill (IR-CUSM), a cherché à déterminer s'il existait des données prospectives pour étayer cette stratégie. Il a mené une étude avec une équipe de scientifiques de l'IR-CUSM et de spécialistes du contrôle des infections du CUSM.

Les résultats préliminaires de l'étude, publiés en ligne dans la revue Infection Control & Hospital Epidemiology, démontrent qu'une simple stratégie de contrôle des infections consistant en un test effectué à l’apparition de symptômes du jour 0 au jour 7 suivant une exposition à haut risque à la COVID-19, suivi d'un test standard à domicile le jour 7, pourrait réduire de 50 % la période d'auto-isolement et contribuer à protéger les patients, les travailleurs de la santé et les autres fournisseurs de services essentiels.

Financée par MI4 (l’Initiative interdisciplinaire en infection et immunité de l’Université McGill) avec le soutien de la Fondation du CUSM, et par la Fondation Rossy, l'étude a porté sur des travailleurs de la santé du CUSM et de la région de Montréal s’étant isolés suivant une exposition à haut risque au SRAS-CoV-2, à la demande d’un agent de prévention des infections ou de prévention et de promotion de la santé. Du jour 0 au jour 7 après l'exposition, il leur a été conseillé de se soumettre à un test de dépistage de l'ARN du SRAS CoV-2 s'ils étaient symptomatiques, puis ils ont subi un prélèvement nasopharyngé et un test de salive standardisés à domicile le jour 7.

Les résultats montrent que parmi les 30 travailleurs de la santé inscrits à l’étude entre mai et octobre 2020, trois ont reçu un diagnostic de COVID-19 au 14e jour post-exposition, et que tous avaient été détectés au 7e jour. La valeur prédictive négative pour la détection clinique ultérieure de la COVID-19 ou du SRAS CoV-2 chez une personne asymptomatique au 14e jour était de 100 %, ce qui signifie que tous ceux qui avaient reçu un résultat négatif au 7e jour n'avaient pas développé COVID-19 au 14e jour. Des tests standardisés de dépistage du SRAS-CoV-2 aux jours 9, 10 et 14 ont également confirmé qu'aucun de ces travailleurs de la santé n'était porteur asymptomatique du virus.

« Notre étude suggère qu'une simple stratégie de dépistage pourrait permettre de détecter rapidement les travailleurs de la santé qui développeront la COVID-19 après une exposition à haut risque. Ce sont des résultats prometteurs. Si ces résultats sont confirmés par des tests effectués auprès d’un plus grand nombre de personnes, cette stratégie pourrait réduire considérablement la durée d'auto-isolement requise pour les travailleurs de la santé, » déclare le Dr Smith.

Si vous êtes un travailleur de la santé de la région de Montréal qui s'est récemment isolé en raison d'une exposition à la COVID-19 et que vous souhaitez participer à l'étude, veuillez envoyer un courriel à [email protected].