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Semaine nationale de sensibilisation au problème de la douleur : 1 au 7 novembre 2015

La douleur est l’un des problèmes les plus fréquents dont se plaignent les habitants de la planète. « On souffre de maux de dos, de douleurs articulaires, de douleur liée au cancer, de douleur neuropathique et d’un certain nombre de syndromes de douleur, explique le Dr Yoram Shir, directeur de l’unité de gestion de la douleur Alan-Edwards du Centre universitaire de santé McGill (CUSM). Avec l’allongement de l’espérance de vie, de plus en plus de personnes éprouveront de la douleur un jour. ».

Dr. Shir
Dr Yoram Shir, directeur de l’unité de gestion de la douleur Alan-Edwards du Centre universitaire de santé McGill (CUSM). 

Un adulte canadien sur cinq est aux prises avec la douleur dans son quotidien; la douleur touche plus de 50 % des aînés et plus de 80 % de ceux qui vivent dans des résidences de personnes âgées. Outre son incidence considérable sur les aspects physiques, sociaux et psychologiques de la vie des patients et de leur famille, la douleur chronique entraîne également d’énormes coûts économiques pour la société. Au Canada, ces coûts peuvent atteindre entre 56 et 60 milliards de dollars par année en matière de soins de santé et de perte de productivité (données fondées sur le nombre de jours de travail manqués, sur les heures de travail perdues et sur des salaires moins élevés).

Au sein de l’unité de gestion de la douleur, le Dr Shir, qui est aussi chercheur et Professeur d’anesthésie à l’Université McGill, travaille avec une équipe multidisciplinaire, composée de médecins, d’infirmières, d’autres professionnels de la santé afin de se pencher sur les volets physiques et psychosociaux complexes de la douleur chronique. En ce moment, explique-t-il, la vaste majorité des efforts et des activités voués à lutter contre la douleur chronique visent à pallier ou soulager les symptômes. S’il n’existe pas de moyen efficace prévenir tous les types de douleur chronique, dans certains cas la prévention est possible.

« La vaccination contre le zona (herpes zoster) pour les personnes de 55 ans et plus pourrait réduire des deux tiers le développement de la douleur chronique une fois que la crise aiguë s’est produite, poursuit le Dr Shir. Certains médicaments peuvent réduire l’incidence de douleur postopératoire chronique. De plus, un spécialiste de la douleur en salle d’urgence pourrait contribuer à réduire les chances de développer une douleur chronique à la suite d’un traumatisme. »

Dans le cadre de ses recherches, le Dr Shir se penche sur des façons d’optimiser le triage (le processus de classification des patients selon un système de priorités) des patients souffrant de douleur afin d’améliorer les résultats du traitement.


La clinique Alan-Edwards de la gestion de la douleur en bref :

  • Fondée en 1976, l’Unité de gestion de la douleur Alan-Edwards (UGDAE), située à l’Hôpital général de Montréal du CUSM, est un centre multidisciplinaire important de traitement de la douleur chronique pour les patients du Québec.
  • La clinique effectue près de 7 000 consultations par année et offre des soins aux patients souffrant de douleur post-traumatique, postopératoire, musculosquelettique et viscérale*.
  • La clinique comprend une unité de recherche clinique, qui réalise des études et lance des projets dans le domaine de la recherche sur la douleur, y compris la mise au point de nouveaux traitements et de nouvelles approches de la gestion de la douleur. 
  • L’UGDAE bénéficie du soutien généreux de la Fondation Louise et Alan Edwards.

« Un délai de quelques mois entre la recommandation d’un patient et un premier rendez-vous peut être déterminant pour ce qui est de savoir si son état va s’améliorer ou non, ajoute-t-il. Au cours de cette période d’attente, les patients peuvent devenir déprimés ou cesser de travailler. Une fois que les patients quittent leur emploi, leurs chances de reprendre le travail diminuent considérablement si l’arrêt de travail dure plus de quelques mois. »

L’idée est « d’attraper les patients » tôt, afin d’améliorer leurs chances de faire cesser la douleur. Un autre pas dans la bonne direction serait l’établissement de cliniques de la douleur dans la province.  Certaines initiatives sont déjà en place, dit-il.

«Au Québec, il y a maintenant quatre cliniques multidisciplinaires de soins primaires pour les patients souffrant de lombalgie subaiguë, ce qui est une excellente première étape. Cela montre ce qui peut être fait, mais ce n’est qu’une goutte dans l'océan ".

Le Dr Shir et ses collègues tâchent de faire en sorte qu’il y ait plus de formation en gestion de la douleur auprès des étudiants de l’Université McGill, des résidents et médecins du CUSM et de la communauté clinique en général. 

 « Plus de 70  % des patients qui nous consultent à l’unité pourraient être soignés dans des cliniques communautaires si on déployait davantage d’efforts de sensibilisation auprès de la communauté médicale à la gestion de la douleur chronique. »

Toutefois, selon le Dr Shir, un élément primordial  de la lutte contre la douleur chronique est d’amener les patients à s’engager activement dans leur traitement. « Il est toujours plus facile d’obtenir des succès lorsque les patients font partie intégrale du processus de guérison. »

* La majorité des patients du CUSM atteints de cancer sont traités à la Clinique de la douleur située au site Glen et dirigée par des équipes des départements de soins palliatifs, d’oncologie et de l’UGDAE.