La Politique québécoise en médecine génomique fera progresser la médecine de précision
Depuis des années, les scientifiques et les cliniciens du Centre universitaire de santé McGill (CUSM) œuvrent à faire progresser la médecine de précision grâce à des découvertes en génomique, c’est-à-dire l’étude de l’ensemble des instructions codées dans l’ADN d’une personne. Nous sommes heureux d’annoncer que le gouvernement du Québec a publié sa toute première Politique québécoise en médecine génomique, un cadre dédié au développement éthique, équitable et durable de la médecine génomique dans toute la province.
À l’avenir, cette politique aidera les cliniciens à mieux anticiper les risques de maladie et à affiner les diagnostics pour les patients et leurs familles.
Le Dr Alan Spatz, directeur médical d’Optilab Montréal-CUSM et président du comité sur le cancer du Réseau québécois de diagnostic moléculaire (RQDM), a fait partie d’un petit groupe d’experts invités par le ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS) pour contribuer à l’élaboration de cette politique :
« Cette politique constitue une étape décisive pour le Québec. Elle fournit à nos laboratoires les normes, l’infrastructure et la coordination dont nous avons besoin pour faire passer les tests génomiques d’une poignée de centres spécialisés à une pratique courante et équitable dans toute la province, ce qui se traduira par des réponses plus rapides et des soins plus personnalisés pour les patients, quel que soit leur lieu de résidence », a déclaré le Dr Spatz.
Découvertes génomiques mises en œuvre
Les patients tirent déjà profit des découvertes génomiques mises en œuvre dans les soins quotidiens. Au CUSM, une équipe de recherche dirigée par la Dre Julia Burnier fait progresser les approches de « biopsie liquide » qui utilisent des échantillons peu invasifs, tels que le sang et la salive, pour détecter et analyser l’ADN d’origine cancéreuse. Ces technologies ont le potentiel de transformer la manière dont le cancer est détecté et dont les patients sont suivis tout au long de leur prise en charge. Au Québec, certains tests de biopsie liquide sont déjà disponibles en milieu clinique, tandis que des équipes de recherche telles que celle de la Dre Burnier développent de nouvelles approches visant à étendre leur utilisation.
« La médecine génomique nous permet d’aller au-delà des symptômes et de mieux comprendre la biologie sous-jacente de la pathologie de chaque patient », explique la Dre Burnier. « Nous avons la possibilité de détecter la maladie plus tôt grâce aux informations génomiques, et désormais, la priorité est de veiller à ce que ces avancées passent de la recherche à la pratique ».
Grâce à des collaborations internationales telles que celles initiées par le groupe de la Dre Burnier, le CUSM s’est imposé comme une référence en matière de médecine génomique, en grande partie grâce aux travaux menés au sein de la Division de génétique moléculaire d’OPTILAB. Notre participation continue au RQDM reflète une vision commune : prendre en compte les variations fines de l’ADN d’une personne, afin de nous aider à proposer des traitements plus personnalisés et à avoir des échanges plus nuancés avec les patients et leurs familles.
La médecine de précision en pratique
La Politique québécoise de médecine génomique constitue une première dont la province peut être fière et le fruit de plusieurs années de collaboration entre cliniciens, chercheurs et associations de patients. Elle aborde les défis pratiques liés à la mise en œuvre de la médecine génomique pour l’ensemble de la population : formation du personnel, capacité des laboratoires, accès équitable aux services génomiques et droit de chacun à décider s’il souhaite être informé des risques héréditaires susceptibles de le concerner. Comme l’a souligné un oncologue, le Dr Ramy Saleh, du CUSM :
« La médecine de précision transforme l’oncologie en nous permettant de dépasser une approche standardisée. En comprenant les caractéristiques moléculaires et génomiques du cancer de chaque patient, nous pouvons choisir les traitements de manière plus éclairée, éviter les thérapies inefficaces et offrir aux patients et à leurs familles des conseils plus clairs et plus personnalisés. Cette politique constitue une étape importante pour garantir que ces avancées soient accessibles aux patients partout au Québec, quel que soit le lieu où ils reçoivent leurs soins ».