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Diabète de type 1 : une thérapie combinée améliore le contrôle de la glycémie et les performances des pancréas artificiels

Une nouvelle publication dans Nature Medicine décrit un traitement qui pourrait être bénéfique pour les personnes atteintes de diabète de type 1.

Les personnes vivant avec le diabète de type 1 -une maladie auto-immune qui empêche le corps de produire de l’insuline- nécessitent la vie durant une thérapie de remplacement à l’insuline, afin de gérer les niveaux de glucose élevés. Elles peuvent utiliser des pancréas artificiels qui ajustent automatiquement l’administration d’insuline en fonction des niveaux de glucose fluctuants. Toutefois, à eux seuls, ces dispositifs électroniques appelés « systèmes en boucle fermée » ne permettent pas à l’ensemble des patients d’atteindre les niveaux de glucose désirés.

Récemment publiés dans Nature Medicine par des chercheurs de l’Institut de recherche du Centre universitaire de santé McGill (IR-CUSM) et du Lunenfeld-Tanenbaum Research Institute de Toronto, en Ontario, les résultats d'un essai clinique multisite contrôlé par placebo ont montré que l'ajout d'un médicament appelé empagliflozine à l'administration d'insuline en boucle fermée et au traitement par pompe standard, améliorait le contrôle de la glycémie chez les personnes atteintes de diabète de type 1. La plus grande amélioration a été observée lorsque l'empagliflozine, qui favorise l'excrétion du glucose dans l'urine, était combinée à l'administration d'insuline en boucle fermée.

De gauche à droite : Ahmad Haidar, Ph. D., directeur technique, co-directeur scientifique et premier auteur de l’étude; Jean‑François Yale, M.D., directeur clinique pour le site du CUSM et Michael Tsoukas, M.D., co-investigateur, sont membres du Programme de recherche en désordres métaboliques et leurs complications à l’IR-CUSM.
De gauche à droite : Ahmad Haidar, Ph. D., directeur technique, co-directeur scientifique et premier auteur de l’étude; Jean‑François Yale, M.D., directeur clinique pour le site du CUSM et Michael Tsoukas, M.D., co-investigateur, sont membres du Programme de recherche en désordres métaboliques et leurs complications à l’IR-CUSM.

« Nous avons cherché à combiner l’empagliflozine avec la technologie d’administration d’insuline en boucle fermée afin d'améliorer les options de traitement existantes; il s’agit là de deux stratégies connues pour réduire efficacement les niveaux de glucose dans le sang », explique Ahmad Haidar, scientifique au sein du  Programme de recherche en désordres métaboliques et leurs complications à l’IR-CUSM et premier auteur de l’étude.

Dans leur étude, les chercheurs ont comparé quatre traitements donnés sur quatre semaines : la thérapie en boucle fermée additionnée d’empagliflozine, la thérapie en boucle fermée additionnée d’un placebo, la thérapie par pompe standard additionnée d’empagliflozine et la thérapie par pompe standard additionnée d’un placebo.

« Les essais cliniques que nous avons réalisés ont démontré que l’empagliflozine peut améliorer la performance des systèmes d’administration d’insuline en boucle fermée, dit le Dr Jean‑François Yale, directeur clinique de l’étude pour le site du CUSM. Les résultats que nous venons de publier nous encouragent à poursuivre nos recherches sur les bénéfices liés aux traitements d’appoint chez les personnes atteintes de diabète de type 1, qui luttent pour atteindre les cibles recommandées avec les systèmes d’administration d’insuline en boucle fermée utilisés seuls. »

Des avantages potentiels additionnels

Approuvée pour le traitement du diabète de type 2, l'empagliflozine a été étudiée dans plusieurs essais cliniques pour le diabète de type 1. Elle fait partie d’un groupe de médicaments appelés inhibiteurs du sodium-glucose cotransporteur 2 (SGLT2) qui agissent indépendamment de l’insuline pour réduire les taux de glucose dans le sang.

« Les SGLT2 comportent des bénéfices sur les plans cardiaque et rénal chez les patients atteints de diabète de type 2. De plus, il a été démontré qu’ils amélioraient le contrôle du poids et de la tension artérielle chez les personnes vivant avec le diabète de type 1, ajoute Ahmad Haidar, qui est également professeur adjoint au Département de génie biomédical de McGill. Compte tenu de ces bénéfices, la combinaison des deux formes de traitement a le potentiel d’offrir des bénéfices importants, qui vont au-delà du contrôle de la glycémie. »

Atténuer les risques d'acidocétose diabétique

L'acidocétose diabétique est une complication grave et potentiellement mortelle du diabète. Elle se produit lorsque des niveaux dangereux d'acides, appelés cétones, sont produits par le foie pour compenser le manque d'insuline. Les personnes atteintes de diabète de type 1 sont plus exposées au risque d'acidocétose diabétique que celles atteintes de diabète de type 2.

Les chercheurs affirment que, bien qu’aucun événement d’acidocétose diabétique ne se soit produit durant les essais cliniques, les taux de cétose augmentaient avec l’utilisation d’empaglifozine et étaient les plus élevés lorsque les patients avaient recours au système d’administration d’insuline en boucle fermée. De plus, l’étude a révélé que les taux de cétose étaient plus faibles chez les participants ayant un indice de masse corporelle (IMC) plus élevé. Sur la base de ces conclusions, les chercheurs soutiennent que des stratégies d’atténuation et l’accès à des dispositifs permettant de mesurer les cétones de manière continue sont nécessaires pour exercer un meilleur suivi et une meilleure gestion de la glycémie chez les personnes présentant un risque élevé de développer une kétoacidose diabétique.

À propos de l’étude

L’étude Empagliflozin add-on therapy to closed-loop insulin delivery in type 1 diabetes: a 2 × 2 factorial randomized crossover trial a été réalisée par Ahmad Haidar, Leif Erik Lovblom, Nancy Cardinez, Nikita Gouchie-Provencher, Andrej Orszag, Michael A. Tsoukas, C. Marcelo Falappa, Adnan Jafar, Milad Ghanbari, Devrim Eldelekli, Joanna Rutkowski, Jean-François Yale et Bruce A. Perkins.

DOI : https://doi.org/10.1038/s41591-022-01805-3

Les auteurs tiennent à remercier de leur soutien la Fondation de la recherche sur le diabète juvénile et Action diabète Canada, organisme financé par le programme Stratégie de recherche axée sur le patient des Instituts de recherche en santé du Canada.

Personne-ressource pour les médias

Fabienne Landry
Coordonnatrice des communications, Recherche, CUSM
[email protected]