Le sémaglutide générique pourrait modifier la couverture des traitements du diabète au Canada

Un médicament moins coûteux améliore considérablement le rapport coût-efficacité d’un traitement qui contribue à prévenir les maladies cardiovasculaires et rénales

SOURCE: Université McGill

Selon une étude de simulation menée par une équipe de l’Université McGill et l’Institut de recherche du Centre universitaire de santé McGill (L’Institut), jusqu’à 2,1 millions de Canadiennes et de Canadiens vivant avec le diabète de type 2 et présentant un risque élevé de maladie cardiovasculaire pourraient bénéficier de traitements recommandés plus abordables et offrant un meilleur rapport coût-efficacité grâce à l’arrivée du sémaglutide générique. L’étude a été codirigée par Alton Russell, Ph. D., et Abhinav Sharma, M.D., Ph. D., tous deux professeurs adjoints à l’Université McGill et, respectivement, chercheur affilié et scientifique au Centre de recherche évaluative en santé de L’Institut.

En février, les auteurs ont estimé que, chez les personnes atteintes de diabète de type 2 présentant un risque cardiorénal élevé, les agonistes du récepteur du peptide-1 de type glucagon (GLP-1), comme le sémaglutide, étaient moins avantageux sur le plan coût-efficacité que les inhibiteurs du cotransporteur sodium-glucose de type 2 (SGLT2), une classe de médicaments moins coûteuse qui contribue également à prévenir les complications du diabète. L’analyse s’appuyait sur les prix en vigueur en 2025 et remboursés par le régime public d’assurance médicaments du Québec.

Au cours des cinq mois qui ont suivi cette publication, Santé Canada a approuvé trois versions génériques du sémaglutide. D’autres devraient l’être au cours des prochaines semaines et des prochains mois. Le Canada figure parmi les premiers pays à offrir l’accès au sémaglutide générique, plusieurs années avant son arrivée prévue aux États-Unis et dans une grande partie de l’Europe.

Le régime public d’assurance médicaments du Québec couvre maintenant les versions génériques du sémaglutide, dont le coût annuel s’élève à environ 1 060 $, honoraires de délivrance compris. À ce prix, les auteurs estiment à 35 % la probabilité qu’un traitement combinant un agoniste du récepteur du GLP-1 et un inhibiteur du SGLT2 constitue la stratégie thérapeutique offrant le meilleur rapport coût-efficacité, comparativement à l’utilisation de l’un ou l’autre de ces traitements seul ou d’un autre traitement standard. Les prix devraient continuer à baisser à mesure que de nouveaux fabricants feront leur entrée sur le marché. Si le coût annuel du sémaglutide baisse à 880 $, les auteurs estiment à 80 % la probabilité que le traitement combiné offre un meilleur rapport coût-efficacité que les inhibiteurs du SGLT2 utilisés seuls.

Les résultats, publiés dans le Journal canadien de cardiologie, laissent à penser que des prix plus bas pourraient faciliter grandement l’accès au traitement. Les auteurs estiment qu’aux prix des médicaments de marque de 2025, il en coûterait entre 3,35 et 5,31 milliards de dollars pour offrir des traitements à l’ensemble des Canadiennes et Canadiens admissibles atteints de diabète de type 2 et présentant un risque cardiovasculaire élevé. Le passage aux versions génériques devrait réduire cette somme d’au moins 50 %.

Ces résultats viennent appuyer les arguments en faveur d’une couverture accrue par les régimes publics et privés d’assurance médicaments, car ces médicaments peuvent aider à prévenir les hospitalisations et à réduire le risque de maladies cardiovasculaires et rénales. L’analyse ne tient pas compte des conséquences d’une baisse du prix du sémaglutide pour d’autres indications, notamment le traitement de l’obésité.


L’étude 

L’article « Implications of Generic Semaglutide Availability on the Cost-Effectiveness of GLP-1RA for Guideline-Indicated Patients With Type 2 Diabetes », par Ethan McNally, Abhinav Sharma, Pedro Marques, Michael A. Tsoukas, Thomas A. Mavrakanas et W. Alton Russell, est paru dans le Journal canadien de cardiologie, une publication d’Elsevier. Cette étude a bénéficié du soutien de Mitacs et de la Fondation du Centre universitaire de santé McGill.