Derrière chaque vie sauvée, un geste essentiel : le don

Le taux de dons au Canada a plus que doublé depuis il y a 30 ans. Il s’agit d’un chiffre porteur d’espoir pour les familles qui comptent sur un donneur volontaire.

Aujourd’hui, le Canada est considéré comme un chef de file mondial dans la compréhension du don d’organes et de tissus. Les chercheurs canadiens ont pu apporter des réponses à des questions complexes liées à la mort cardiaque ou cérébrale. Cela est dû en grande partie aux efforts pionniers du Dr Sam Shemie, membre de l’Ordre du Canada qui, entre autres fonctions, est directeur de la Division de médecine de soins intensifs à l’Hôpital de Montréal pour enfants (HME). Il a consacré sa carrière à améliorer le processus de don d’organes, sans compromettre les soins vitaux attendus de tout médecin en soins intensifs.

Dr Sam Shemie
Dr Sam Shemie, Hôpital de Montréal pour enfants. Il est l’un des médecins et défenseurs du don d’organes les plus respectés au monde.

Il existe en effet un manque à combler : alors que l’on attend des médecins de soins intensifs qu’ils s’efforcent de sauver la vie d’une personne gravement malade ou blessée, il est également vrai que certains ne survivront pas malgré tous les efforts déployés. Dans ces cas-là, le don d’organes serait une possibilité, à condition d’obtenir le consentement du patient ou de la famille et que le médecin et l’équipe soignante y soient prêts.

Lorsqu’il réfléchit au leadership du Canada, le Dr Shemie est particulièrement fier des orientations médicales, éthiques et juridiques dont dispose le pays pour tous les aspects du processus de don d’organes. Cela se traduit par de meilleures pratiques et technologies, notamment l’introduction de la perfusion régionale normothermique (PRN), une forme d’ECMO qui permet de réanimer les organes grâce à un flux sanguin oxygéné.  

La première étape ? Un peu d’inspiration

L’inspiration du Dr Shemie a commencé par un nourrisson dont la vie a été sauvée grâce à un don de cœur. C’était il y a près de deux décennies, et le bébé est depuis devenu un jeune homme qui mène une vie bien remplie.

« Nous essayons d’encourager le public à réfléchir au don d’organes à l’avance. Au minimum, faites savoir à vos proches ce que vous souhaiteriez faire. Votre famille pourra alors s’appuyer sur vos souhaits. »

La prochaine étape consiste à enregistrer votre décision.

« Se soucier de personnes que l’on ne connaît pas est héroïque », affirme le Dr Shemie. « Nous devons être conscients que des gestes d’humanité extraordinaires se produisent encore chaque jour, malgré les controverses et les conflits dont nous entendons constamment parler dans les médias. Les personnes qui consentent au don d’organes, ainsi que tous ceux qui travaillent dans le secteur de la santé et tous ceux qui se soucient de personnes qu’ils ne connaissent pas, sont essentielles à l’humanité. »

Cette semaine, des initiatives de sensibilisation au don d’organes et de tissus sont organisées partout au Canada.